Décès d’un technicien: une gestion déficiente des mesures de sécurité

MONTRÉAL — Le décès d’un technicien en arpentage, lors d’un accident du travail à Notre-Dame-du-Rosaire, le 15 octobre 2018, est dû à une gestion déficiente des communications et des mesures pour assurer la sécurité de travailleurs qui circulaient sur le chantier, conclut la CNESST.

Dans son rapport qu’elle a rendu public mardi, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) conclut que le technicien en arpentage Patrick Morin, qui travaillait pour WSP Arpentage de construction, n’a pas perçu à temps le camion qui reculait dans sa direction.

Au moment de l’accident, le technicien en arpentage s’affairait à prendre des mesures sur une voie qui était fermée à la circulation, à proximité d’une camionnette stationnée sur la voie. Il était de dos.

À un certain moment, un camion-benne a reculé, en arrêtant sa manoeuvre à 1,5 mètre de la camionnette, qui lui bloquait le passage. Lorsque la camionnette a quitté sa position, le conducteur du camion, croyant la voie libre, a continué à reculer vers une pelle hydraulique.

L’opérateur de la pelle hydraulique, qui voyait le risque d’accident, a klaxonné de façon continue afin d’alerter les deux hommes, mais personne n’a réagi.

Le travailleur a été heurté par le camion-benne; son décès a été constaté sur place.

Dans son rapport, la CNESST souligne que l’alarme de recul du camion est positionnée sur le châssis du camion, sous la benne, à 1,8 mètre de l’extrémité arrière et orientée vers le côté gauche du camion, et non vers l’arrière, là où se situe la zone la plus dangereuse. Le technicien n’a donc pas entendu le camion qui reculait dans sa direction.

De plus, une simulation a permis de constater que le klaxon de la pelle hydraulique était inaudible depuis l’habitacle du camion, à cause de la distance entre les deux véhicules.

Également, les rétroviseurs du camion ne permettaient pas de voir le technicien en arpentage situé derrière le camion, à cause des angles morts et de la distance.

La CNESST souligne que le klaxon était le seul moyen de communication disponible pour l’opérateur de la pelle hydraulique, qui a perçu le danger. Il n’avait pas de radio pour les communications bidirectionnelles dans son véhicule.

Elle note aussi que le plan de circulation, qui vise à limiter les manoeuvres de recul, était verbal et a été communiqué aux camionneurs par l’entremise des signaleurs. «Le plan de circulation n’a pas été appliqué rigoureusement», a-t-elle conclu.

Elle relève également que le technicien en arpentage a pris l’initiative de prendre des mesures sur la voie fermée où circulaient des camions et il n’a pas informé les camionneurs de sa présence à cet endroit.

«Ces faits démontrent que la communication entre les différents intervenants qui oeuvraient sur le chantier et les mesures pour assurer la sécurité des travailleurs qui circulent sur le chantier étaient déficientes», conclut la CNESST.

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