Décès d’un travailleur agricole: coup de chaleur et manque d’information

MONTRÉAL — Un coup de chaleur, mais aussi le manque d’information sur les risques reliés à son travail, expliquent le décès d’un travailleur agricole dans un champ, à Napierville en juillet 2019, conclut la CNESST.

Dans son rapport qu’elle vient de rendre public, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail cite donc deux causes au décès de Dhami Manohar Singh: une perte hydrique due à un coup de chaleur et le manque d’intégration des nouveaux travailleurs provenant de l’agence de placement pour les informer des risques reliés à leurs tâches.

L’homme avait été affecté au désherbage d’un champ d’oignons; il provenait d’une agence de placement de personnel. Il avait été retrouvé face contre terre, le 4 juillet 2019, puis était décédé à l’hôpital deux jours plus tard.

L’enquête de la CNESST a démontré qu’il y avait bel et bien eu des pauses, tant durant l’avant-midi que pour le lunch, et même plus longue que prévu le midi, à cause de la chaleur ce jour-là. Et de l’eau était accessible et les travailleurs pouvaient aussi porter une gourde sur eux pour boire, au besoin.

Elle conclut donc que le coup de chaleur n’est pas la seule cause du décès de M. Singh. «Les paramètres qui prévalaient en cette journée ne permettaient pas de croire que la température corporelle des travailleurs pouvait atteindre un niveau plus élevé que 37,5 degrés Celsius et occasionner un coup de chaleur», écrit la Commission.

Il lui paraît donc «hautement improbable» que seule la «contrainte thermique» explique le décès cette journée-là. Elle évoque la possibilité d’autres motifs, comme une condition médicale préexistante ou la prise de médicaments, par exemple.

De même, elle souligne que les travailleurs de l’agence de placement n’avaient pas été informés adéquatement des risques liés à leurs tâches, contrairement aux travailleurs employés par la ferme, qui ont même un manuel à ce sujet disponible dans les maisons où ils résident.

Mal informé de ces risques inhérents à ces tâches, M. Singh n’aurait donc pas tenu compte des signaux d’alarme d’un coup de chaleur.

La CNESST rappelle que depuis le 1er janvier 2019, de nouvelles dispositions de la Loi sur les normes du travail sont entrées en vigueur, encadrant justement les agences de placement de personnel. Celles-ci doivent obtenir un permis délivré par la CNESST et remplir certaines obligations, dont celles d’informer les travailleurs sur leurs droits et obligations en matière de travail, notamment en matière de santé et de sécurité au travail. 

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