Décès en CHSLD: ils devraient être obligés par la loi de les rapporter au coroner

MONTRÉAL — Face aux conditions de vie crève-coeur dans lesquelles se sont récemment retrouvées des personnes âgées durant la crise sanitaire, la Commission des droits de la personne répète que les CHSLD devraient être obligés de rapporter au coroner les décès survenus entre leurs murs.

C’est une recommandation que le Commission avait déjà formulée: une fois en 2010, puis en 2011 et de nouveau tout récemment, en janvier 2020.

Outre aux CHSLD, elle devrait s’appliquer aussi aux autres résidences pour aînés, comme les ressources intermédiaires.

Appelant à la vigilance, la Commission souhaite que les situations récemment mises au jour dans des CHSLD mènent à des changements concrets dans l’encadrement et la surveillance des ressources d’hébergement pour aînés, qu’elles soient publiques ou privées.

Une enquête policière vient notamment d’être déclenchée concernant la situation au CHSLD Herron, à Dorval, où pas moins de 31 décès ont été enregistrés sur un total de 150 résidents depuis le 13 mars. D’autres CHSLD sont sous haute surveillance, a dit mardi le premier ministre François Legault.

L’obligation de rapporter les décès au coroner participerait à cet effort de surveillance.

Concrètement, cela lui permettrait d’identifier les situations de décès en série, les cas d’augmentation anormale du nombre de décès dans une résidence, ou encore, ceux survenus dans des circonstances particulières, soutient la Commission.

Ces situations peuvent être un signe de problèmes graves au sein d’un établissement, voire révéler des situations de maltraitance ou d’exploitation liée à la mauvaise organisation des services.

Le coroner aurait ainsi la possibilité d’identifier, parmi ces décès, ceux qui méritent de faire l’objet d’une investigation ou d’une enquête — et de la déclencher.

Certains organismes ont déjà cette obligation de rapporter les décès au coroner — comme les prisons, les institutions psychiatriques et les services de garde à l’enfance — mais la Commission voudrait qu’elle soit étendue, vu le «contexte particulier de vulnérabilité et de perte d’autonomie» des personnes âgées vivant en résidence.

La Commission des droits de la personne a relevé les propos du premier ministre du Québec, qui, lors de son point de presse du 11 avril dernier, a dit que la façon dont on traite les aînés au Québec n’est pas acceptable. La Commission dit prendre acte de cette promesse de changements.

«Nous espérons vivement que des leçons ont été tirées et que des changements en profondeur auront effectivement lieu pour garantir le mieux-être des aînés du Québec», a commenté par communiqué Philippe-André Tessier, le président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

La Commission assure le respect et la promotion des principes énoncés dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Elle rappelle son article 48 qui stipule que toute personne âgée a droit à la protection et à la sécurité que doivent lui apporter sa famille ou les personnes qui en tiennent lieu.

Les commentaires sont fermés.

En s’affairant à réaménager substantiellement les possibilités d’accueil hospitalier, afin de s’assurer de ne pas être confronté à devoir choisir entre qui on sauve et pour qui on n’eût pu le faire, en l’éventualité de surabondance d’entrées + débordements en intensif; on s’est trouvé à provoquer de ce qu’on voulait éviter, i.e. des décès (on sait où et en quelle tranche d’âge précise). S’il y avait une catégorie sociale qui n’avait pas besoin de ça (en plus), c’est bien elle.

Qui plus est, comme si ce n’était assez; comme si d’avoir été négligé au-delà du convenable, avant, ne suffisait pas; voilà qu’on doit maintenant mourir plus déserté et esseulé que jamais, après; puis se voir « dispensé » des moindres rituels ou rencontres-famille-et-proches. Seul, donc, jusqu’en la mort et l’après-mort.

Ce qui advient cette année est ‘spécial’. Oui. N’empêche…
C’était ‘comme dû’ pour arriver. On n’avait rien fait pour éviter que ça n’arrive.
LA Question qu’il faudra se poser ou L’Enjeu qu’il faudra résoudre, c’est si ç’a du sens d’é t i r e r la vie ‘comme ça’. C’est-à-dire, en ne faisant qu’ajouter des années sans ajouter aux années. En empilant de plus en plus de vieux, vivant de plus en plus vieux mais pas mieux, pas plus heureux, en de plus en plus d’immenses froids buildings.

D’aucuns osent même demander ces temps-ci : à quoi ‘ça sert’ tous ces vieux ? Par-chez-nous, on n’est pas très très ‘amateurs’ de vieux, pas très très visiteurs ou accompagnateurs de vieux. On n’est guère davantage ‘amateurs’ d’enfants. On ‘fait garder’ et les uns et les autres. Ceux-ci, en garderies; ceux-là, en résidence ou CHSLD.

Or, pourtant, qui n’a pas un beau ou bon souvenir d’un grand-père ou d’une grand-mère ?
C’est à cela que ‘ça sert’ des vieux : à susciter et cristalliser de beaux souvenirs (d’après un héros dostoïevskien, il n’y aurait rien de plus utile ou précieux en la vie qu’un bon souvenir).

Un dame d’outre-mer vient de suggérer qu’on reste chez soi, oui, mais avec les autres néanmoins. (Autrement).

Cela ne vaut-il pas d’abord eu égard aux plus âgés ?
Car ne serait-ce erreur qu’en moins d’un siècle on soit passé de ‘terre de nos aïeux’ à taire nos aïeux ou à faire en sorte qu’ils se terrent ?