Déconfinement : Autobus Maheux trépigne d’impatience

ROUYN NORANDA, Qc — Avec le déconfinement qui est bien entrepris, les transporteurs interurbains par autocar piaffent d’impatience. Six de ces transporteurs ont soumis au ministère des Transports une liste de consignes qu’ils sont prêts à respecter afin de reprendre le transport de passagers et de colis.

La situation du transport interurbain en Abitibi-Témiscamingue est particulière. «Non seulement nous sommes le principal lien entre Montréal et l’Abitibi-Témiscamingue, mais nous desservons des liaisons intrarégionales, qui sont soutenues par la liaison Montréal-Abitibi, rappelle le président d’autobus Maheux, Pierre Maheux.» La proposition, déposée il y a six semaines, est demeurée lettre morte pour le moment, mais Pierre Maheux demeure optimiste. «Nous avons eu un bel accueil au ministère (des Transports). L’important pour nous, c’est de reprendre les activités, mais aussi d’obtenir un soutien de la part du gouvernement québécois.

Le nolisé : pas plus rose, selon Pierre Maheux

Si Autobus Maheux peut soutenir les liaisons intrarégionales avec son circuit Montréal-Abitibi, l’entreprise ne pourra vraisemblablement pas compter sur la division du nolisé pour renflouer ses coffres. «Dans le contexte de pandémie actuel, le nolisé n’est pas près de reprendre non plus, dit Pierre Maheux. La COVID-19 va aussi avoir freiné ce pan de l’industrie, et les transporteurs spécialisés dans ce type de voyages ne s’en tireront pas mieux que nous.» Paradoxalement, la crise de la COVID-19 devrait inciter les Québécois à voyager au Québec cet été, et le transport par autocar pourrait représenter une alternative fiable, selon la coalition des transporteurs.

Le président d’Autobus Maheux croit que la reprise du transport interurbain ne pourra pas se faire sans un support financier du gouvernement. «Québec a annoncé il y a quelques semaines un octroi de 400 M$ dans le transport collectif, mais pas un sou pour les transporteurs privés comme nous, déplore M. Maheux. Pourtant, notre service a un caractère public, même si nous sommes une entreprise privée. Nous comprenons que les transporteurs publics aient du soutien, mais nous sommes dans le même bateau.»

Isolés

Quand il est question de la situation de l’Abitibi-Témiscamingue, Pierre Maheux dit recevoir beaucoup d’appels d’usagers inquiets de voir le service interrompu depuis le mois de mars. «C’est encore pire depuis qu’Air Canada a annoncé qu’elle arrêtait de desservir Val-d’Or et Rouyn-Noranda, note-t-il. Pour nous, ça vient s’ajouter à l’équation. Pour nous, cela représente une raison de plus de nous aider. Les gens ont besoin d’aller à Montréal pour diverses raisons, notamment pour des soins médicaux. Ils n’ont maintenant plus de transporteurs, le besoin est donc bien présent. Même le CISSSAT (Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue) s’est enquis de notre situation. C’est dire à quel point c’est essentiel.» Si Maheux a besoin d’un soutien de Québec, c’est que les transporteurs ne savent pas encore quelles seront les consignes qu’ils devront respecter. «Si on faisait nos frais avec 30 passagers trois fois par jour, il faudra voir su nous sommes capables d’assurer le services avec 2m de distance, ou 1,5m, ou quelle que soit la distance imposée. Est-ce que nous aurons 15 passagers, 20 passagers? On attend toujours le retour du ministère», dit Pierre Maheux.

Une autre épée de Damoclès pend au-dessus de la tête du transporteur témiscabitibien : le soutien des 5 MRC de la région. Le financement pour soutenir le transport intrarégional est venu à échéance le 1er avril, et n’a pas encore été renouvelé. Le contexte relié au Coronavirus a mis les choses en veilleuse de ce côté également. «Notre service était déjà précaire, et la crise a amplifié les choses, indique Pierre Maheux. Nous devons reprendre du service rapidement.»

Texte de l’Initiative de journalisme local