Découverte concernant les tumeurs cérébrales pédiatriques

MONTRÉAL — Plusieurs types de tumeurs cérébrales pédiatriques très agressives, et ultimement fatales, trouvent leur origine dans le développement même du cerveau, a constaté une équipe internationale de chercheurs dont faisaient partie deux spécialistes montréalais.

La docteure Claudia Kleinman de l’Institut Lady Davis de l’Hôpital général juif de Montréal, la docteure Nada Jabado de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill et leurs collègues ont ainsi découvert que certaines cellules du cerveau — alors qu’elles sont encore très jeunes et immatures — cessent de se développer normalement et deviennent des tumeurs.

Cette anomalie génétique se produirait dès le début du développement cellulaire, possiblement même avant la naissance.

«Certaines des tumeurs viennent de cellules qui, pour une raison ou une autre, ont arrêté de se développer, a expliqué la docteure Jabado. Elles semblent coincées dans un programme éternel: elles ne deviennent pas plus jeunes, mais elles ne peuvent pas vieillir et se différencier.»

Les chercheurs ont donné à ce phénomène le nom de «syndrome de Peter Pan», en référence à l’enfant éternel imaginé par Sir James Matthew Barrie.

«Soit (ces cellules) restent immatures en elles-mêmes, et ça il ne faut pas avoir de cellules immatures dans le cerveau qui essaient de fabriquer des mini-cerveaux, soit elles acquièrent d’autres altérations qui les rendent encore plus agressives et qui font que les tumeurs se développent», a précisé la docteure Jabado.

Les médecins essaieront maintenant d’identifier la cause de ce «blocage». S’ils y parviennent, cela pourrait permettre d’inciter ces cellules à se différencier normalement, sans affecter le reste du cerveau qui lui s’est déjà différencié.

Une telle percée pourrait ensuite permettre de réduire le recours à la radiation, à la chimiothérapie et à la chirurgie.

«Pour environ 5 pour cent des tumeurs, une fois qu’on a trouvé l’engrais qui les fait pousser, on arrive à donner des médicaments qui donnent une qualité de vie exceptionnelle, et qui surtout gomment ces tumeurs, a dit la docteure Jabado. Pour les 95 pour cent pour lesquelles on n’a pas encore ce type de réponse, je veux qu’on arrive à trouver quelque chose qui diminue la toxicité de nos traitements actuels ou qui donne des réponses à des moments où on a encore aucun moyen de guérir ou de traiter ces patients.»

Les tumeurs cérébrales sont la principale cause de décès par cancer chez les enfants. La médecine ne dispose d’aucune thérapie efficace face à plusieurs d’entre elles et on ne rapporte que des progrès très modestes pour les combattre. La survie des petits patients est souvent inférieure à deux ans.

Des chercheurs québécois, canadiens, français et américains ont participé à cette étude, dont les conclusions sont publiées par le journal médical Nature Genetics.

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