Décriminalisation: Vancouver interpelle Ottawa après un vote unanime au conseil

VANCOUVER — Les conseillers municipaux de Vancouver ont voté à l’unanimité pour demander au gouvernement fédéral de décriminaliser la possession de petites quantités de drogues illicites.

Le maire Kennedy Stewart a présenté la motion plus tôt ce mois-ci en disant qu’il était temps de développer une approche «axée sur la santé» à l’égard de la consommation de substances et de mettre fin à la stigmatisation contre les consommateurs de drogues.

Dans un communiqué publié mercredi soir après le vote, M. Stewart a remercié des groupes comme le Vancouver Area Network of Drug Users, qui, selon lui, travaillent à promouvoir la décriminalisation depuis des années.

Dans le même processus utilisé pour créer sa première clinique d’injection supervisée il y a près de deux décennies, le personnel municipal écrira désormais aux responsables fédéraux, y compris les ministres de la Santé et de la Justice, pour demander une exemption à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.

Si la demande est approuvée, M. Stewart indique que Vancouver collaborera avec le service de police, le Vancouver Coastal Health, les groupes communautaires et les personnes qui ont vécu une expérience de la consommation de drogues pour déterminer comment mettre en forme cette décriminalisation.

Parallèlement au vote des conseillers sur la décriminalisation, le service des coroners de la Colombie-Britannique a publié un rapport faisant état de 162 décès liés aux drogues illicites dans la province en octobre, soit l’équivalent de cinq par jour, dont un cas à Vancouver.

M. Stewart a déclaré que Vancouver était prête à montrer la voie à nouveau concernant les politiques en matière de drogues afin de sauver des vies.

La décriminalisation de la possession simple de drogues illicites et d’autres mesures bénéficient également du soutien du premier ministre John Horgan, de la Dre Bonnie Henry, médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, et du service de police de Vancouver.

On ignore combien de temps le gouvernement fédéral pourrait prendre pour examiner le plan de Vancouver une fois qu’il sera soumis, mais le maire Stewart a soutenu que la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, prônait la réduction des méfaits et avait le pouvoir d’agir rapidement.

Mme Hajdu a déclaré dans un communiqué que la pandémie de COVID-19 avait aggravé la crise des opioïdes et qu’Ottawa devait redoubler d’efforts pour sauver des vies.

Elle a affirmé que des responsables fédéraux travaillaient avec M. Stewart et le gouvernement de la Colombie-Britannique sur des solutions qui répondent aux besoins locaux et régionaux, guidés en partie par les recommandations de l’Association canadienne des chefs de police, qui a également approuvé la décriminalisation de la possession simple plus tôt cette année.

«Nous examinerons cette demande pour nous attarder aux sanctions pénales pour la possession simple de petites quantités de substances contrôlées et continuerons notre travail pour accorder aux Canadiens qui utilisent des substances le soutien dont ils ont besoin», a déclaré Mme Hajdu.

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