Décrochage scolaire: les jeunes libéraux ciblent uniquement les garçons

QUÉBEC — Les jeunes libéraux estiment qu’il faut s’attaquer au problème du décrochage scolaire, mais uniquement lorsqu’il implique des garçons.

Sous prétexte que les garçons sont plus nombreux que les filles à laisser l’école au secondaire, sans avoir obtenu de diplôme, les jeunes libéraux voudraient que le Parti libéral du Québec (PLQ) s’engage formellement lorsqu’il formera éventuellement le gouvernement «à réduire le taux de décrochage chez les jeunes garçons».

C’est ainsi qu’ils ont formulé une de leurs résolutions, présentée et adoptée dimanche au cours de leur congrès annuel, qui se tenait tout le week-end à Québec.

Questionné en point de presse au terme de l’événement, à savoir pourquoi la préoccupation des jeunes libéraux faisait en sorte d’exclure les filles, qui quittent elles aussi l’école par milliers sans diplôme, le président de la Commission-Jeunesse, Stéphane Stril, a soutenu que ce n’était pas le cas.

La résolution «n’exclut pas les femmes» selon lui.

Pourtant, le libellé est très clair: «Il est résolu par la Commission-Jeunesse du PLQ, réunie en Congrès-Jeunes, que le Parti libéral du Québec s’engage à: réduire le taux de décrochage chez les jeunes garçons».

On précise divers moyens pour y arriver, comme de faire connaître les meilleures pratiques en ce domaine et valoriser «les jeunes hommes qui choisissent des orientations professionnelles traditionnellement féminines».

M. Stril a indiqué qu’en 2017 la commission-jeunesse du parti avait organisé un congrès autour du thème du décrochage scolaire et qu’à ce moment-là la question du décrochage féminin avait été abordée.

Le décrochage des garçons est une «problématique des plus criantes au Québec», a fait valoir M. Stril, qui voulait donner à la question des décrocheurs masculins «une teinte spéciale».

Surtout, «qu’on ne peut pas avoir les mêmes solutions pour les garçons que pour les filles» en ce domaine, selon lui.

Il existe diverses statistiques mesurant l’écart des taux de décrochage entre garçons et filles.

Selon les statistiques gouvernementales, cet écart serait d’environ 8 points: 21,9 pour cent des garçons quittent le secondaire public sans diplôme, contre 13,9 pour cent de filles.

Des recherches ont démontré que cet écart fait en sorte que les recherches sur le sujet s’attardent davantage aux garçons, plus souvent touchés par le phénomène.

On sait par ailleurs que si les garçons décrochent davantage, ils sont aussi plus nombreux que les filles à raccrocher, ces dernières, dans bien des cas, ayant quitté l’école en raison d’une grossesse.