Défense: l’examen de la sécurité n’est pas complété 18 mois après les attaques

OTTAWA – La Défense nationale a lancé un vaste examen de la sécurité de ses installations, incluant les centres de recrutement, à la suite des attaques d’octobre 2014 — notamment celle à Saint-Jean-sur-Richelieu —, mais le processus n’est pas encore complété 18 mois plus tard.

Les cas de deux soldats poignardés et blessés dans un centre de recrutement militaire à Toronto, lundi, sont venus rappeler les risques auxquels sont exposés les militaires dans ces lieux.

Les responsables de la Défense nationale avaient entrepris un examen complet de la «protection de la force» à la suite de l’attaque du 20 octobre 2014 à Saint-Jean-sur-Richelieu, qui avait coûté la vie à l’adjudant Patrice Vincent. Deux jours plus tard, le caporal Nathan Cirillo perdait la vie à Ottawa, tué par balle au pied du Monument commémoratif de guerre du Canada.

Le ministère de la Défense n’avait pas annoncé publiquement cet examen de la sécurité, mais l’un des plus hauts commandants du pays — le major-général Christopher Coates — en avait fait part devant un comité de la Chambre des communes au début de l’année 2015.

Environ 18 mois après ces drames à Saint-Jean-sur-Richelieu et Ottawa, le capitaine Thomas Edelson, porte-parole de la Défense, a affirmé, mardi, que l’examen n’avait pas encore été complété.

M. Edelson n’était pas en mesure de dire pourquoi cette révision de la sécurité — perçue comme une urgence dans la foulée des attaques inspirées par les activités du groupe État islamique — prenait autant de temps.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a souligné que bon nombre de centres de recrutement comptaient des «opérations en vitrine» qui nécessitaient d’équilibrer la sécurité avec l’accessibilité du public.

À la suite des décès de MM. Vincent et Cirillo, l’ancien chef d’état-major Tim Lawson avait recommandé que les militaires ne portent pas d’uniformes en public — une avenue qui déplaisait à certains soldats, qui croyaient que cela donnerait l’impression qu’ils cherchaient à se dissimuler.

L’actuel chef d’état-major, le général Jonathan Vance, ne compte pas y aller d’une telle directive.

«Comme à l’habitude, nous n’allons pas discuter publiquement des détails de ces mesures, a-t-il dit. Néanmoins, dans les circonstances actuelles, nos hommes et nos femmes continueront de porter fièrement leurs uniformes en public.»