Délai supplémentaire possible pour l’évaluation d’Énergie Est, dit Carr

OTTAWA – Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Jim Carr, affirme qu’Ottawa nommera «bientôt» de nouveaux commissaires qui étudieront le projet de pipeline Énergie Est à l’Office national de l’énergie (ONÉ) pour remplacer ceux qui ont dû se récuser.

En raison de la démission du panel, le processus d’évaluation de l’oléoduc de TransCanada pourrait d’ailleurs prendre un peu plus de temps que prévu, a concédé le ministre.

«(L’horaire) pourrait changer modérément, dépendamment de si (l’ONÉ) détermine qu’il doit revenir à la case départ», a indiqué M. Carr à la sortie d’une réunion du cabinet, mardi.

«Nous sommes engagés à nous assurer que tous les Canadiens qui ont une opinion là-dessus aient le droit de l’exprimer», a-t-il poursuivi.

Le comité de l’ONÉ devait fournir son rapport de recommandations en mars 2018. Le gouvernement de Justin Trudeau s’accordait six mois supplémentaires, ce qui permettait une décision au plus tard en septembre 2018.

Cet horaire pourrait être revu car vendredi, les commissaires Roland George, Jacques Gauthier et Lyne Mercier se sont récusés devant les allégations de conflit d’intérêts planant sur deux d’entre eux. Les commissaires Gauthier et Mercier avaient été l’objet de critiques persistantes après que le «National Observer» eut révélé qu’ils avaient rencontré l’ex-premier ministre Jean Charest, alors que celui-ci était consultant pour TransCanada.

À la sortie d’une réunion du cabinet mardi, le ministre Carr a signalé par ailleurs que le gouvernement pourrait nommer plus que trois commissaires pour le travail délicat d’analyser le projet d’oléoduc et d’entendre tous les points de vue dans le dossier.

Il s’est dit confiant de pouvoir trouver des personnes compétentes pour être nommées à cet organisme quasi-judiciaire. «C’est notre responsabilité, nous la prenons au sérieux et nous le ferons aussi vitre que possible», a-t-il assuré.

Selon M. Carr, les nouveaux commissaires devront démontrer une «sensibilité régionale», être bilingues, avoir une perspective des Premières Nations et une riche expérience de vie. «Et il y a beaucoup, beaucoup de Canadiens qui sont qualifiés pour faire ce travail», a-t-il soutenu.

André Bélisle, porte-parole de l’Association québécoise contre la pollution atmosphérique (AQLPA) — l’une des organisations qui avait réclamé la récusation des commissaires — estime toutefois que de nouvelles nominations ne sont pas suffisantes pour redorer le blason de l’ONÉ. Il réclame un enquête pour faire la lumière sur toutes les rencontres en privé tenues au sujet du projet d’oléoduc.

«Le ministre semble accepter de façon, je dirais, naïve, les récusations, comme si c’était suffisant», a déploré M. Bélisle en entrevue. Il se dit toutefois soulagé de voir que le processus d’évaluation pourrait prendre plus de temps.

Du côté de TransCanada, on indique que le rôle du promoteur est de respecter les directives de l’ONÉ.

«Nous allons attendre des nouvelles quant à la suite des choses, a indiqué le porte-parole de l’entreprise, Tim Duboyce. Entre-temps, nous allons continuer à engager les communautés, les municipalités et les Premières Nations afin d’écouter leurs questions et leurs préoccupations et de les aborder.»

Le premier ministre Justin Trudeau a pour sa part réitéré sa confiance dans le processus d’évaluation. «Nous avons un processus rigoureux par lequel ces décisions seront prises, de façon à rassurer les Canadiens que nous faisons la bonne chose pour la croissance et l’économie tout en faisant la bonne chose pour l’environnement», a-t-il soutenu en point de presse.

M. Trudeau doit rendre en décembre sa décision sur le projet d’expansion du pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan, qui a déjà obtenu l’aval de l’ONÉ.

Quant à Énergie Est, s’il est approuvé, il permettra de transporter 1,1 million de barils de pétrole par jour, principalement destiné à l’exportation, sur une distance de 4500 kilomètres.

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