Delastek: une nouvelle convention, après une grève de trois ans

MONTRÉAL — Un arbitre vient de rendre sa décision quant aux conditions de travail qui prévaudront chez Delastek, où avait sévi le plus long conflit de travail contemporain au Québec — une grève d’une durée de trois ans.

L’entreprise de Shawinigan, qui fabrique des composantes de pièces aéronautiques, avait été frappée par une grève, du 1er avril 2015 au mois de mars 2018.

Ce conflit de travail exceptionnellement long avait été marqué par le recours à des scabs — le Tribunal administratif du travail avait fait état de «contraventions répétées aux dispositions anti-briseurs de grève» du Code du travail de la part de Delastek. Le Tribunal avait aussi annulé une vingtaine de congédiements et ordonné à Delastek de rétablir le lien d’emploi. Il avait aussi statué que Delastek avait manqué à son obligation de négocier de bonne foi.

En mars 2018, les membres de la section locale 1209 du syndicat Unifor, affilié à la FTQ, avaient accepté de revenir au travail et les parties avaient convenu de confier les points encore en litige à un arbitre — d’où la présente décision.

Une négociation avait également été menée en parallèle par les parties avant et pendant l’arbitrage. La nouvelle convention fait donc état des points où il y a eu entente entre les deux parties et de ceux où l’arbitre a dû trancher.

Au final, les 25 syndiqués bénéficieront d’augmentations variant entre 1,20 $ à 5,30 $ l’heure, selon l’ancienneté et le poste occupé. Le salaire est rétroactif au 12 mars 2018, date du retour au travail. On parle aussi d’augmentations de 2 pour cent pour les deux prochaines années. Les salaires varieront de 17,50 $ à 22,50 $ l’heure.

De même, les primes ont été haussées, soit de 0,15 $ l’heure pour le soir, de 0,35 $ l’heure pour la nuit et de 0,15 $ l’heure pour un chef d’équipe.

Il y aura aussi plus de congés mobiles, soit un après un an, deux après 10 ans et trois après 15 ans.

De plus, les employés auront droit à une cinquième semaine de vacances après 20 années d’ancienneté.

Aujourd’hui, le directeur québécois d’Unifor-FTQ, Renaud Gagné, croit qu’il est temps de tourner la page et de regarder vers l’avenir.

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