Démoli, Sandro Grande livre des excuses émotives pour ses propos passés

LAVAL, Qc — Démoli et contrit, Sandro Grande a fait un mea culpa bien senti pour ses commentaires tenus dans le passé, notamment à l’endroit de l’ex-première ministre Pauline Marois, propos qu’il reconnaît maintenant avoir écrits.

«J’ai honte de moi et de ce que j’ai écrit, il y a plus de 10 ans. J’ai fait une grosse erreur. Et je prends la responsabilité de l’avoir écrit et de l’avoir nié», a-t-il reconnu lors d’une conférence de presse émotive de plus de 40 minutes, jeudi, dans un hôtel de Laval, lui qui avait déjà affirmé dans le passé que son compte avait été piraté pour tenter de s’absoudre.

Celui qui fut l’entraîneur-chef d’un jour de l’équipe de réserve du CF Montréal s’est soumis à un acte de contrition au cours duquel il a révélé avoir écrit une lettre d’excuses à Mme Marois, qui lui a répondu. «J’ai eu l’honneur de recevoir une réponse touchante de sa part», a-t-il dit, préférant toutefois ne pas en révéler la teneur «par respect».

Il a également communiqué avec le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, qu’il doit rencontrer dimanche.

Une nomination de 24h

La nomination de Sandro Grande comme entraîneur-chef de l’équipe de réserve du CF Montréal, le 9 janvier dernier, avait soulevé un tollé en raison de propos tenus à la suite de l’élection de Mme Marois en 2012. Dès le lendemain, le CF Montréal annonçait son congédiement, se confondant en excuses pour cette décision.  

Dans son gazouillis, Sandro Grande avait écrit que le tireur lors de l’attentat du Metropolis, Richard Henry Bain, avait commis une seule erreur, soit d’avoir raté sa cible, nommant Mme Marois, ajoutant qu’il espérait plus de succès dans l’avenir. Il avait également tenu des propos dérogatoires à l’endroit des souverainistes, les qualifiant notamment de «hillbillies» et de «stupides». 

Respect pour les indépendantistes

Sandro Grande, dont les propos ont été entrecoupés de sanglots à plusieurs reprises, a affirmé avoir changé face aux divergences d’opinions politiques.

«Je pense que tout le monde a droit à une croyance. (…) J’ai beaucoup de (membres de ma) famille et d’amis qui sont aussi des indépendantistes et je les respecte beaucoup. Je les aime sans condition et c’est tout.» 

Il a aussi fait une profession de foi envers le Québec, louant la qualité de l’accueil que celui-ci avait réservé à ses parents immigrants dans les années 1950. «Mes parents sont très fiers d’appeler le Québec leur maison. Moi, ma femme et mes enfants sommes tous nés ici et nous sommes très fiers d’être considérés des Québécois», a-t-il fait valoir. 

Sans surprise, il a également dit avoir appris que les conséquences d’émettre des propos comme les siens sur les réseaux sociaux ne sont pas anodins et peuvent avoir des répercussions à long terme, une leçon qu’il dit transmettre depuis plusieurs années dans ses conférences et ses enseignements auprès des jeunes.

«Le téléphone, les réseaux sociaux, l’internet, c’est un outil extraordinaire, mais en même temps, aussi dangereux. Il faut faire attention parce que des fois, une discussion entre amis, c’est une chose, mais écrire des choses qui vont rester pour longtemps, c’est une autre chose.» 

D’abord guérir et ensuite revenir?

Il n’a pas caché que les dix derniers jours ont été extrêmement pénibles pour sa famille et lui-même, disant avoir fait l’objet de menaces de mort. Ses enfants ont également subi d’importants contrecoups à l’école.

Sandro Grande dit ne pas avoir de plans précis pour l’instant, se concentrant exclusivement à soutenir sa famille et à protéger la santé mentale de ses enfants, de sa conjointe et la sienne. Cependant, il n’écarte pas un retour éventuel avec le CF Montréal.

«L’espoir est toujours là. Pour le moment, je pense que j’ai besoin de semaines et de mois pour guérir. (…) Si le peuple est correct avec ça, je serais très content de retourner parce que, quand même, c’est le club de ma vie. C’est le club que j’ai toujours supporté», a-t-il conclu. 

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