Denis Coderre impose un moratoire d’un an sur les calèches à Montréal

MONTRÉAL – Le maire de Montréal, Denis Coderre, impose un moratoire d’un an sur les calèches dans les rues de la ville.

M. Coderre a annoncé mercredi que la Ville profiterait de la prochaine année pour créer de nouvelles directives pour l’industrie, après que différents incidents eurent remis en question le bien-être des animaux.

«Je n’étais pas satisfait du tout de la façon dont les choses fonctionnaient jusqu’à présent. Donc, la meilleure façon, c’est de recommencer à zéro et de se donner tous les outils nécessaires pour s’assurer que ce soit un objet de fierté et non pas une source d’irritation», a déclaré le maire devant son comité exécutif.

L’été dernier, Denis Coderre avait commandé un rapport vétérinaire sur la santé des animaux, alors que des photos montrant un cheval ayant glissé après avoir marché sur une plaque de métal circulaient sur les médias sociaux.

Le propriétaire du cheval, Luc Desparois, avait affirmé à ce moment que l’animal n’avait pas été blessé, ajoutant que des vétérinaires examinaient régulièrement les chevaux.

Mais en avril, un autre cheval a été blessé après être entré en collision avec un véhicule près du Vieux-Montréal. L’incident a relancé le débat sur l’éthique dans l’industrie.

Des militants demandent depuis longtemps l’interdiction des promenades en calèche, les jugeant dangereuses et estimant qu’il est cruel de demander à des chevaux de travailler dans les rues embouteillées de Montréal.

Des militants à Victoria, en Colombie-Britannique, ont aussi lancé une pétition pour mettre fin aux tours de calèche dans cette ville.

M. Coderre a dit qu’il avait perdu patience avec l’industrie et qu’il révoquerait 24 permis accordés par la Ville à compter de mardi.

Les propriétaires et cochers ayant déjà payé leur permis pour 2016 seront remboursés.

Le maire a ajouté que les nouvelles directives de la Ville assureraient «des conditions optimales pour les chevaux».

La Société pour la protection des animaux Canada (SPA) s’est réjouie de la nouvelle. «La pratique des calèches touristiques dans les centres-villes est archaïque, cruelle, et n’a pas sa place en 2016. Il est temps que cette industrie fasse partie de notre histoire, et non de notre futur», a déclaré par voie de communiqué Gabriel Villeneuve, directeur de campagnes pour la SPA Canada.

Mirella Colallilo, de l’Anti-Caleche Defense Coalition, s’est dite «surprise et contente» d’apprendre que les chevaux n’auraient pas à travailler dans la chaleur cet été.

Elle espère maintenant que la Ville interdira les calèches de façon permanente.

«Je crois que ce serait l’idéal et il est logique de tout simplement retirer les chevaux et d’en faire une partie de l’histoire de Montréal, a-t-elle soutenu. Nous passons à autre chose, nous évoluons et les choses changent.»