Déplacements forcés dans les années 1950: une entente entre Ottawa et les Inuits

ARVIAT, Nunavut — Les descendants d’Inuits qui seraient morts de faim ou de froid dans les années 1950 après avoir été contraints par Ottawa de quitter leurs terres ancestrales ont conclu une entente avec le gouvernement fédéral.

David Serkoak, de l’Ahiarmiut Relocation Society, qui représente les descendants de dizaines d’Inuits déplacés, a prévenu que son peuple avait pardonné, mais qu’il n’oublierait pas.

Il a ajouté que le Canada devait apprendre de ses erreurs passées.

Les Ahiarmiuts ont déposé une poursuite contre le gouvernement fédéral en 2008 afin d’obtenir réparation pour ces déplacements forcés. L’entente de 5 millions $ signée le 20 août à Arviat, au Nunavut, a permis de régler cette poursuite.

À l’origine de l’action en justice: une série de déplacements forcés qui se sont amorcés en 1949 au lac Ennadai dans ce qui est aujourd’hui le sud-ouest du Nunavut.

Cette année-là, l’armée canadienne avait construit une station radio près du lac et ses administrateurs craignaient que les Inuits ne deviennent dépendants des produits provenant du Sud, et ce, même s’ils chassaient le caribou sur ce territoire depuis des générations.

L’année suivante, environ 50 Inuits ont été déplacés vers le lac Nueltin, où la pêche commerciale commençait à se développer. Le gouvernement ne leur a toutefois pas laissé le loisir d’apporter leurs biens et leurs équipements.

Des déplacés sont éventuellement revenus au lac Ennadai, mais plusieurs d’entre eux avaient entre-temps succombé au froid.

Un autre déplacement a eu lieu en 1957, cette fois vers le lac Henik. Encore une fois, les Inuits sont partis sans provisions et sans matériel. Selon des anciens, les proies étaient si rares que beaucoup des déplacés sont morts de faim.

En 1958, les Inuits ont été déplacés vers la pointe de l’Esquimau, aujourd’hui appelée Arviat, sur la côte de la baie d’Hudson.

Le public a été mis au courant du calvaire des Inuits grâce au livre «Moeurs et coutumes des Esquimaux caribous» de l’auteur canadien Farley Mowat et à un numéro de «Life Magazine» en 1956.

M. Serkoak a précisé que l’argent obtenu dans le cadre de l’entente serait distribué aux survivants et aux descendants, en plus de servir à financer des monuments commémoratifs et des projets éducatifs.

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