Derek Sloan évite une menace d’expulsion sans offrir d’excuses à Dre Tam

OTTAWA — Le député fédéral conservateur ontarien Derek Sloan s’est accroché à son slogan de campagne dans la course à la chefferie de son parti d’être «conservateur sans excuses» et a refusé de s’excuser, mercredi, pour ses commentaires à l’endroit de la Dre Theresa Tam.

Le député était menacé d’être expulsé du caucus à la suite de ses commentaires qui mettaient en doute la loyauté de l’administratrice en chef de la santé publique du Canada.

Des sources ont indiqué à La Presse canadienne qu’une motion avait été présentée par d’autres députés conservateurs de l’Ontario lors d’une réunion téléphonique du caucus, mardi après-midi. La motion demandait à M. Sloan de s’excuser ou de retirer ses commentaires.

Selon ces sources, qui ont requis l’anonymat pour parler de questions confidentielles au caucus, le débat qui a suivi a été houleux, puis presque tous les participants à la conférence téléphonique ont voté en faveur de la motion.

Mais tout juste après le délai fixé à 18 h 00, Derek Sloan a publié une déclaration dans laquelle il laisse entendre que ses commentaires au sujet de la Dre Tam auraient été «délibérément» dénaturés par les libéraux.

«Je n’ai pas mis en doute la loyauté de Dre Tam envers le Canada», a-t-il déclaré.

Derek Sloan s’est retrouvé sous les projecteurs d’un bout à l’autre du pays, la semaine dernière, quand il a critiqué la gestion de crise de la pandémie de la COVID-19 par la Dre Tam dans un courriel envoyé à ses partisans.

Il s’en prenait notamment à son travail auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et au fait qu’elle s’appuie sur les informations de l’OMS pour diriger le plan d’action du Canada.

L’OMS fait l’objet de critique depuis qu’il a été soulevé que la Chine, où le nouveau coronavirus a pris naissance, aurait potentiellement minimisé la gravité de la maladie sur son territoire. Ce qui aurait influencé les recommandations de l’OMS aux autres États.

Derek Sloan avait demandé si la Dre Tam travaillait pour «la Chine ou le Canada».

Theresa Tam est née à Hong Kong, et ce fait a soulevé des accusations de racisme envers le député conservateur.

Dans sa déclaration de mercredi, Derek Sloan rappelle qu’il n’a jamais mentionné l’origine ethnique ou le genre de la Dre Tam dans ses commentaires.

Il a ajouté qu’il est évident qu’elle est à l’emploi du Canada, non de la Chine, et que son affiliation auprès de l’OMS, ne fait pas d’elle une employée de l’agence.

«Je suis persuadé qu’elle souhaite ce qu’elle croit être le mieux pour le Canada», a mentionné M. Sloan.

Il a cependant réitéré que selon lui, la Dre Tam s’appuie sur des informations erronées de l’OMS et de la Chine et que si ultimement c’est le premier ministre qui est responsable d’appliquer ses recommandations, elle devrait démissionner pour avoir pris des décisions qui ont coûté la vie à des Canadiens.

M. Sloan est l’un des quatre candidats dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada.

Reprise de la course au leadership

Le Comité organisateur de l’élection du chef du Parti conservateur (COEC) s’est réuni mercredi pour discuter de la reprise de la course à la direction du Parti, suspendue le 26 mars dernier en raison des directives sanitaires et des fermetures exigées par le gouvernement en ces temps de pandémie de COVID-19.

Maintenant que certaines provinces amorcent leur plan de déconfinement, le COEC a réévalué l’échéancier nécessaire pour trouver un successeur à Andrew Scheer à la tête du Parti conservateur.

Le comité a conclu que la course au leadership pouvait reprendre immédiatement, tout en s’adaptant aux circonstances actuelles. Ainsi, le processus se poursuivra avec des bulletins de vote par correspondance, comme l’exige la constitution du Parti conservateur, et tous les bulletins devront être remplis et reçus avant le 21 août.