Partielle dans Louis-Hébert: les candidats affichent un optimisme prudent

QUÉBEC — Les principaux candidats à la députation à l’occasion de l’élection partielle dans la circonscription de Louis-Hébert, dans la région de la Capitale-Nationale, ont affiché un optimisme prudent en vue du scrutin de lundi.

À quelques heures du vote, les candidats à la succession du libéral Sam Hamad ont dressé leur bilan de cette campagne qu’ils promettent tous de mener jusqu’à la dernière minute.

La candidate du Parti libéral, Ihssane El Ghernati, s’est félicitée d’avoir mené une campagne positive, de terrain à la rencontre des citoyens.

Cette proche collaboratrice de M. Hamad a estimé que son expérience auprès du député l’a aidée. En entrevue à La Presse canadienne, elle a souligné sa connaissance des enjeux locaux, des citoyens et des organismes du comté.

Elle a assuré que les citoyens qu’elle rencontre ne lui ont «pas du tout» parlé des enjeux d’intégrité et d’éthique, affirmant que les gens la connaissaient et lui font confiance.

M. Hamad a quitté la vie politique quelques semaines après le déclenchement d’une enquête du Commissaire à l’éthique et à la déontologie au terme de laquelle il n’a pas été blâmé.

Mme El Ghernati refuse de dire si le résultat du vote aura une signification nationale, rappelant que les élections générales se dérouleront en 2018. En attendant, a-t-elle ajouté, elle et son organisation se concentrent sur les enjeux de Louis-Hébert.

Vent de changement?

La candidate-vedette de la Coalition Avenir Québec, Geneviève Guilbault, a affirmé quant à elle avoir constaté un «vent de changement qui est palpable».

Sa plus grande crainte: que les citoyens restent chez eux et ne se rendent pas aux urnes. La sortie du vote sera déterminante, selon elle.

Celle qui fut directrice des communications et porte-parole du Bureau du coroner du Québec  estime qu’une victoire serait «l’ultime signal, la concrétisation d’un changement après 15 ans de règne libéral».

Selon elle, les électeurs ont «un goût de renouveau et d’intégrité». Ils veulent «élire des gens qui vont trouver des solutions aux problèmes, qui vont redonner de l’argent dans les poches des familles». Elle souligne que l’élection d’un candidat caquiste dans Louis-Hébert permettrait d’envoyer un «puissant message au gouvernement que (la population) est tannée d’être tenue pour acquise».

Elle reconnait que Sam Hamad était apprécié dans la circonscription, mais croit néanmoins que ceux qui ont voté pour lui ne voteront pas nécessairement pour les libéraux, car les gens font la distinction entre M. Hamad et les libéraux».

Cynisme

Le candidat péquiste, Normand Beauregard, déplore que le début de campagne houleux ait nourri le cynisme des électeurs. Il redoute ses conséquences sur le taux de participation.

À peine une semaine après le déclenchement de l’élection partielle, Mmes El Ghernati et Guilbault ont remplacé au pied levé les candidats de leur parti qui ont dû se retirer de la course en raison d’allégations de harcèlement au travail.

Selon M. Beauregard, c’est une preuve de plus que «la CAQ et les libéraux, c’est du pareil au même».

Une victoire serait un «message clair» que son parti va prendre le pouvoir aux prochaines élections générales pour «remettre de l’ordre et donner un peu de fierté à l’État qui a été mis à mal par les libéraux depuis 14 ans», a-t-il dit.

Le candidat tempère toutefois les attentes, soulignant que ce qui l’«intéresse, c’est qu’il y ait une progression dans le résultat».

En tout, dix candidats sont en lice pour succéder au libéral Sam Hamad.

Lors du précédent scrutin dans la circonscription de Louis-Hébert, M. Hamad avait emporté une cinquième victoire raflant près de la moitié des suffrages, devant le candidat de la CAQ qui en avait obtenu près du quart. Le Parti québécois avait terminé troisième, à 18 pour cent des voix.