Des accusations en Ontario pour avoir omis de signaler de la porno juvénile

VAUGHAN, Ont. — Cinq personnes d’une même entreprise ont été arrêtées et accusées à la suite du démantèlement de ce que les autorités ont décrit comme un «entrepôt» de pornographie juvénile, a annoncé la Police provinciale de l’Ontario, jeudi.

L’entreprise de Toronto qui aurait fourni des millions d’images et de vidéos à des clients répartis à travers le monde en connaissait «l’horrible» contenu, ont ajouté les autorités.

Les arrestations surviennent au terme d’une enquête entreprise en octobre 2012 à la suite d’une plainte déposée auprès du Service de police de Toronto.

Le site était supposément géré par une organisation au Vietnam, mais il était hébergé par YesUp Media, une entreprise de Toronto.

Trois des cinq individus arrêtés sont notamment accusés d’avoir omis l’obligation de signalement à la police conformément à l’article 3 de la Loi concernant la déclaration obligatoire de la pornographie juvénile sur internet par les personnes qui fournissent des services internet. On croit que c’est la première fois que de telles accusations sont portées depuis l’entrée en vigueur de la loi fédérale en 2011.

On reproche aussi à certains de ces individus d’avoir rendu accessible de la pornographie juvénile et d’avoir été en possession de pornographie juvénile.

Le site internet au centre de l’enquête comptait 60 000 utilisateurs inscrits dans au moins 116 pays, et au moins 19 013 abonnés ayant adhéré au «service premium» de 30 jours.

Sur une période de six mois, la police a fermé le site internet, effectué une perquisition dans les locaux de l’entreprise de Toronto et saisi 32 de ses serveurs, a dit l’inspecteur-détective David MacDonald.

Dans un premier temps, les enquêteurs avaient concentré leurs efforts sur ceux qui avaient téléchargé ces images dans leur ordinateur. En 2014, une seconde enquête a été lancée, nommée «projet BLACKHEATH», et visait «les exploitants de l’entreprise qui facilitaient sciemment la transmission de ces images dans un but lucratif». La Police provinciale de l’Ontario a bénéficié de l’aide de la police de Toronto, de la Gendarmerie royale du Canada et du département de la Sécurité intérieure des États-Unis.

YesUp Media n’a pas rappelé La Presse canadienne.

Trois des cinq hommes arrêtés sont de Richmond Hill, un quatrième est d’Aurora et le dernier réside à Toronto. Ils devront comparaître devant la Cour supérieure de justice de l’Ontario le 1er août. Ils ont dû remettre leur passeport.

La Police provinciale a lancé un mandat pancanadien contre le Vietnamien qui aurait été le responsable du site internet, mais elle croit qu’il se trouve au Vietnam.