Des affaires florissantes pour le milieu de l’horticulture en temps de pandémie

REGINA — Le télétravail et le stress de la pandémie ont donné lieu à des affaires florissantes dans le milieu de l’horticulture, faisant augmenter la demande pour les plantes d’intérieur aux grands feuillages, en passant par les cactus et les semences.

Kait Waugh était tracassée lorsqu’elle a dû fermer les portes de son magasin de plantes au début de la crise, au printemps. «Quand les gens faisaient leurs courses et achetaient et cherchaient du papier de toilette presque en panique, je ne pensais pas du tout qu’ils auraient en tête les plantes d’intérieur», se souvient-elle.

Ses inquiétudes ne se sont pas matérialisées, neuf mois plus tard, lorsque Fat Plant Farm a pu recommencer à accueillir des clients à Regina, en Saskatchewan, avec une capacité limitée ainsi qu’un service de ramassage et de livraison.

Mme Waugh fait même état d’un «boom». «Je ne m’attendais certainement pas à ce que les ventes doublent», dit-elle.

Du côté de Surrey, en Colombie-Britannique, le centre de jardinage West Coast Gardens connait l’une de ses meilleures années, estime son directeur des opérations commerciales, Bryan Moffat.

«Nous n’avons jamais vu autant de gens vouloir commencer à cultiver des semis», constate-t-il.

Il attribue cet essor au désir des gens de cultiver leurs propres légumes et à leur appréhension des pénuries de nourriture.

Le Conseil canadien du jardin relève un intérêt accru envers le jardinage, bien que certaines serres soient en difficulté en raison des restrictions sanitaires provinciales.

Kait Waugh dit avoir eu du mal à mettre la main sur des plantes et même des pots en raison des défis d’approvisionnement et de demande.

Plusieurs de ses clients cherchaient à aménager un espace de travail chez eux et souhaitaient introduire un peu de nature dans leur logement. Les «snowbirds» qui ont renoncé à s’évader dans le sud cette année semblent également vouloir développer leur pouce vert, observe Mme Waugh.

«Prendre soin des plantes d’intérieur permet vraiment de prendre soin de soi-même.»

De nouveaux adeptes

M. Moffat relève une augmentation des novices et de jeunes dans la vingtaine et la trentaine parmi sa clientèle. Il note une hausse des ventes de produits tropicaux, ce qu’il attribue à leur luxuriance qui peut donner l’impression d’être ailleurs.

Le fait de parler aux plantes a souvent fait l’objet de plaisanteries, mais c’est peut-être tout ce qui reste à des travailleurs confinés chez eux, relève Cheney Creamer, du Conseil canadien de l’horticulture.

Une simple plante d’intérieur peut suffire à réduire le stress dans une pièce sans fenêtre, fait-elle valoir, et le jardinage à des fins thérapeutiques est tout indiqué pour les personnes qui se sentent seules, comme des aînés.

Mais ce ne sont pas tous les végétaux qui ont gagné en popularité.

Le président de l’Alliance canadienne de l’horticulture ornementale, Dave Captein, rapporte que les ventes de certaines fleurs ont diminué en raison des reports de mariages, entre autres. Il évoque aussi les fermetures de boutiques proposant des fleurs coupées: «Les plantes hautement périssables ne peuvent pas attendre quand elles doivent se rendre sur le marché.»

Et en raison de la vie sociale mise en veilleuse, les pépinières Sheridan, qui comptent huit succursales en Ontario, ont vu décliner les ventes de fleurs en pot comme les lys et les jonquilles, souvent offertes en cadeau.

En ce temps des Fêtes, les poinsettias se font également moins nombreux sur les comptoirs.

En temps normal, cette plante rouge vif sert à ajouter une touche de couleur dans les espaces de bureaux et à amasser des fonds pour des projets scolaires, indique Sue Baker, vice-présidente des pépinières Sheridan.

«Ce n’est pas arrivé cette année.»

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