Des artistes québécois aux «portes ouvertes» pour célébrer les 50 ans du CNA

MONTRÉAL — Des artistes du Québec et de partout au pays se dirigent en fin de semaine vers Ottawa pour participer aux célébrations soulignant le 50e anniversaire du Centre national des arts (CNA) à Ottawa.

Ils se joignent ainsi à une série d’activités gratuites dimanche permettant au public de voir et de vivre l’envers du décor avec un accès complet en coulisses du CNA.

Il y en a pour tous les goûts avec des ateliers de chant choral, de danse et de théâtre, avec des employés du CNA et des experts du milieu de la scène

En entrevue à La Presse canadienne, Xavier Forget, un producteur associé au CNA, a dit qu’il y aura beaucoup de choses à faire et à découvrir également.

«C’est très, très rare qu’on amène les gens en arrière-scène et en plus on a tout aménagé pour que ce soit accessible aux poussettes et aux fauteuils roulants. Les gens vont pouvoir déambuler partout. On ouvre les loges, la salle des costumes. On essaie de recréer l’ambiance d’une soirée spectacle. Il y a également des activités sur scène. Les gens peuvent participer à une chorale. Il y a des ateliers de danse, dont un avec le chorégraphe Roger Sinha qui fait de la danse Bollywood contemporaine, et des ateliers de théâtre», souligne M. Forget.

Il y aura aussi des prestations gratuites, dont des artistes de la troupe de cirque montréalaise Les 7 Doigts de la main, du chanteur montréalais Ilam, un Québécois d’origine sénégalaise lauréat d’un prix révélation de musique du monde et du chanteur franco-ontarien Damien Robitaille, entre autres.

«On a beaucoup d’espace public dans les foyers, donc c’est dans ces espaces-là que les musiciens et les artistes vont présenter gratuitement de courtes prestations pour les visiteurs, précise le porte-parole du CNA. On ouvre les portes à 10 h 00 le matin et il y a des activités jusqu’à 16 h 00 l’après-midi.»

Le tout va se conclure en soirée par un grand concert gratuit, à guichet fermé, devant 2000 personnes.

Il y a 50 ans, le premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau assistait à cette grande soirée. Son fils Justin Trudeau, qui occupe les mêmes fonctions aujourd’hui, a reçu une invitation.

«Il est évidemment invité, affirme M. Forget. On souhaite sa présence et il vient parfois assister à certains spectacles. Je l’ai moi-même rencontré à quelques reprises, mais je n’ai pas reçu la confirmation qu’il sera présent dimanche.»

Alain Lefèvre au piano

Le pianiste Alain Lefèvre, un artiste de renommée internationale et gagnant d’un prix Juno et de plusieurs Félix, sera notamment de l’affiche.

«C’est un retour parce que j’ai fait un disque avec l’orchestre du CNA il y a près de deux ans, soit le Concerto de l’asile de Walter Boudreau écrit sur une valse pour la pièce de théâtre de Claude Gauvreau», dit-il. C’est d’ailleurs une partie de ce concerto qu’il va jouer dimanche soir.

En entrevue à La Presse canadienne, en marge du Concours musical international de Montréal (CMIM), où il est à nouveau le patron d’honneur jusqu’au 5 juin, Alain Lefèvre explique qu’il se prépare ensuite à partir en tournée en Europe, où son nouvel album «My Paris Years- French Music for Piano» connaît beaucoup de succès, plus qu’il ne l’avait espéré.

«Jouer de la musique française c’est bien compliqué! Il y a toujours un Français qui va dire que ce n’est pas comme ça qu’il faut jouer Debussy. Ce n’est pas là qu’il faut que tu mettes ta pédale et ce n’est pas le bon temps. Pour ça, ils sont fatigants! Alors, comme je les connais puisque je suis d’origine française, je m’attendais au pire et je ne m’attendais à rien», dit-il en riant.

«Et là, le disque a un triomphe auquel je ne m’attendais pas, au point que l’Université d’Oxford veut que je fasse un Master Class l’année prochaine sur la musique française! Entre vous et moi, ça me fait rire parce que je n’ai jamais prétendu avoir des connaissances sur la musique française, sauf que j’ai toujours travaillé le texte avec beaucoup de respect.»

Pour le moment, Alain Lefèvre se promène donc entre Montréal et Ottawa, puis, lorsqu’il se fait demander s’il ne devait pas théoriquement être en vacances pendant son séjour au Québec?

«J’ai rencontré brièvement Gregory Charles qui me demandait à peu près la même chose. J’ai dit: ‘Gregory je ne peux pas! Oui, j’ai six semaines sans concerts, mais je dois me préparer’.»

Lorsque la journaliste insiste, Alain Lefèvre répond avec un peu d’humour que ses prochaines vacances sont prévues en 2021.

«Je vais essayer de prendre trois semaines … sans toucher au piano!» Mais ça, on verra bien puisqu’il avoue du même souffle que des projets il en a plein la tête, une douzaine selon ses dires grâce à sa nouvelle collaboration avec le géant de la musique Warner.