Des associations demandent aux gouvernements de renoncer aux chicanes de compétence

TORONTO — Les associations nationales de médecins, d’infirmières et d’organisations de soins de santé au Canada demandent aux gouvernements de travailler ensemble, au-delà des «conflits de compétences», pour résoudre la crise qui sévit partout au pays.

L’Association médicale canadienne, l’Association des infirmières du Canada et SoinsSantéCAN, qui représente des organisations de soins de santé et des hôpitaux, ont publié une liste conjointe des mesures que les gouvernements devraient prendre, ensemble, pour soigner le système de santé du pays.

La coalition presse les gouvernements «de mettre de côté la rhétorique partisane et les conflits de compétences» et «d’établir des priorités communes», afin de régler une crise qui touche «de façon similaire» l’ensemble de la population canadienne.

L’«ordonnance d’espoir» prescrite vendredi par la coalition prévoit notamment l’instauration d’un permis d’exercice pancanadien pour permettre aux médecins de soigner les patients là où les besoins sont les plus pressants, et le renforcement des soutiens en matière de santé mentale et de bien-être pour les travailleurs de la santé. 

La coalition propose aussi d’aider les professionnels formés à l’étranger à obtenir un permis de pratique afin de remplir les postes vacants, et d’élaborer une stratégie nationale de planification des ressources humaines en santé.

La présidente de l’Association médicale canadienne, Alika Lafontaine, a indiqué que tous les systèmes de santé du pays font face à des défis similaires, et qu’«il est temps de collaborer, de communiquer et d’agir de façon coordonnée pour relever ces défis communs».

«La population canadienne commence à se demander si son système de santé sera là quand elle en aura besoin, écrit la docteure Lafontaine dans un communiqué. Les effectifs de la santé et les patients pressent les gouvernements de prendre les mesures nécessaires pour stabiliser et rebâtir nos systèmes de santé et assurer leur survie.»

Le président de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada, Sylvain Brousseau, a déclaré de son côté que les pénuries d’infirmières et d’autres problèmes de main-d’œuvre ont de graves répercussions sur le système de santé. Selon lui, il faut adopter une approche pancanadienne et obtenir la collaboration de tous les ordres de gouvernement pour introduire des réformes structurelles.

«Le système de santé du Canada ne répond plus aux besoins de la population et ne fonctionne plus comme il le devrait, estime M. Brousseau. Les gens ne font plus confiance au système de santé et craignent de ne pas avoir accès à des services essentiels quand ils en auront besoin.»

Ces appels précèdent la conférence fédérale-provinciale des ministres de la Santé, la semaine prochaine à Vancouver. Cette rencontre survient à un moment où le système de santé fait face à des défis sans précédent, avec des fermetures ponctuelles de services d’urgence et des pénuries de personnel à travers tout le pays.

Les provinces, responsables de procurer des soins de santé, soutiennent depuis des années qu’Ottawa n’assume pas sa juste part des coûts. Les premiers ministres des provinces et territoires tentent de convaincre Ottawa de faire passer de 22 % à 35 % sa contribution au Transfert canadien en matière de santé et de la maintenir ensuite à ce niveau.

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