Des Canadiens manifestent contre le décret de Trump sur l’immigration

OTTAWA – Des centaines de personnes ont manifesté pacifiquement, lundi, devant le consulat américain à Toronto afin de dénoncer l’interdiction d’entrée aux États-Unis pour les ressortissants de sept pays majoritairement musulmans. La manifestation avait aussi pour but d’exhorter Ottawa à agir.

Les manifestants, qui ont également exprimé leur sympathie envers les victimes de l’attentat de dimanche dans une mosquée de Québec, ont bloqué la circulation, brandi des pancartes, chanté et marché de l’hôtel de ville au consulat américain sous la surveillance des policiers.

La manifestation, qui était organisée sur les médias sociaux par des groupes comme Personne n’est illégal (No One is Illegal), a poussé le consulat américain à annoncer, dès dimanche, qu’il serait fermé lors de la journée de l’événement.

La police avait installé des barricades pour maintenir les protestataires loin du bâtiment.

Vendredi, le président Trump a signé un décret de 90 jours visant à empêcher les citoyens de sept pays musulmans — l’Iran, l’Irak, la Libye, le Soudan, la Somalie, la Syrie et le Yémen — d’entrer aux États-Unis. La décision politique a semé le chaos dans les aéroports partout aux États-Unis au cours du week-end, alors que la confusion régnait concernant ceux qui étaient visés par l’interdiction et dans quelle mesure.

Le décret a suscité l’indignation dans le monde entier.

À Ottawa, des centaines de personnes ont formé une chaîne humaine et entouré l’ambassade des États-Unis en scandant «pas de haine, pas de peur, les réfugiés sont les bienvenus ici».

Les manifestants ont établi des liens entre les actions récentes de l’administration Trump et l’attaque de dimanche dans une mosquée de Québec.

Berak Hussain, qui était vêtu de la tête aux pieds de noir, couleur du deuil, a déclaré que le président Trump nourrissait la haine.

«Cela se résume à de l’ignorance, à de la haine, à avoir toutes sortes de phobies, à de la discrimination et au racisme», a lancé M. Hussain.

De son côté, Sarah Follett, qui tenait sa fille sur ses épaules à la manifestation de Toronto, a dit ressentir un besoin «intense» de faire quelque chose et de prendre la parole.

Sharmeen Khan, du groupe No One is Illegal Toronto, a affirmé que les gens avaient une «grande soif» de manifester leur opposition à l’interdiction d’entrée et à ce qu’elle a qualifié de montée de la xénophobie et de l’islamophobie. Le rassemblement de lundi n’était qu’un prélude à une plus grande journée d’action nationale prévue samedi, a ajouté la militante.

Par ailleurs, Mme Khan demande au gouvernement de Justin Trudeau de renoncer à l’Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs, qui interdit aux réfugiés potentiels de demander l’asile au Canada s’ils ont transité par le pays voisin.

L’équipe de Justin Trudeau et les fonctionnaires fédéraux ont fait des appels tout le week-end, à la recherche d’explications de leurs homologues américains afin de savoir dans quelle mesure le décret du président Trump concerne les citoyens canadiens.

Le ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen, a déclaré que la Maison-Blanche avait donné l’assurance que les Canadiens titulaires d’une double nationalité et les résidents permanents munis d’une carte de séjour valide et d’un passeport de leur pays d’origine ne seraient pas renvoyés à la frontière américaine.

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