Incendies en C-B: les Autochtones ne doivent plus être désavantagés, dit Trudeau

PRINCE GEORGE, C.-B. — Le premier ministre Justin Trudeau s’est engagé à combler les écarts entre les communautés autochtones et les municipalités dans la lutte contre les incendies de forêt, jeudi, après avoir rencontré des dirigeants locaux confrontés à des flammes périlleuses en Colombie-Britannique.

M. Trudeau a reconnu l’existence d’un fossé entre les ressources des municipalités, qui travaillent avec le gouvernement provincial sur les incendies de forêt, et les réserves des Premières Nations, qui sont de compétence fédérale.

«Les municipalités obtiennent des ressources des provinces, mais lorsque la communauté autochtone voisine se tourne vers la province en disant: « Bon, nous avons besoin de ressources », (la réponse est) « Bon, vous êtes une responsabilité fédérale »», a-t-il souligné.

«Nous devons éclaircir ces canaux et veiller à ce que les gens obtiennent ce dont ils ont besoin, qu’ils appartiennent à une communauté autochtone ou à une communauté non autochtone», a ajouté le premier ministre.

M. Trudeau a pris congé de la réunion du cabinet fédéral qui se tenait mercredi et jeudi à Nanaimo, sur l’île de Vancouver, pour se rendre à Prince George, dans le centre de la province, afin de rencontrer les personnes qui travaillent pour maîtriser certains des 563 incendies de forêt qui ont ravagé plus de 6000 kilomètres carrés de territoire.

Le premier ministre a notamment rencontré le responsable des services contre les incendies Tom Reinboldt, le maire Lyn Hall et un membre de la législature locale, John Rustad, dans la caserne des pompiers de la localité, avant de serrer la main de membres de l’équipe sous un ciel enfumé.

La Colombie-Britannique a déclaré l’état d’urgence sur les incendies de forêt pour la deuxième fois en autant d’années et M. Trudeau a affirmé qu’il était important de réunir tous les ordres de gouvernement pour s’adapter à la «nouvelle réalité» des phénomènes météorologiques extrêmes.

Les choses se sont améliorées depuis l’année dernière, mais il reste encore du travail à faire pour que les communautés autochtones soient également protégées des incendies de forêt, a dit M. Trudeau.

«Nous devons nous assurer que les gens soient en sécurité et que les maisons et les moyens de subsistance soient protégés. Nous travaillons beaucoup là-dessus et nous continuerons à le faire. Nous avons apporté d’importantes améliorations, mais (…) il reste encore beaucoup à faire», a admis M. Trudeau.

Coordonner les efforts

Le premier ministre a chargé plusieurs ministres de son cabinet de coordonner les efforts de soutien, de rétablissement et de reconstruction, alors que les deux ordres de gouvernement travaillent de concert pour aider les victimes.

M. Trudeau a affirmé que ses pensées allaient à ceux qui ont perdu leur maison dans les flammes. Plus de 40 structures ont été détruites à Telegraph Creek, dans le nord de la Colombie-Britannique, dont 21 sur le territoire de Tahltan.

«Ce que font les Canadiens, c’est de se défendre mutuellement en période de difficultés. Nous sommes tous navrés de la situation extraordinairement difficile que vivent les gens», a-t-il déclaré.

«Les gens vivent dans ces communautés depuis des générations, depuis des millénaires dans le cas des communautés des Premières Nations, et leur attachement est profond. Il est extrêmement difficile d’observer votre gagne-pain et peut-être l’avenir de vos enfants partir en fumée», a ajouté M. Trudeau.

Le grand chef Ed John, du Sommet des Premières Nations, a dit avoir rencontré le premier ministre tôt jeudi et avoir transmis le message que les groupes autochtones sont surchargés par les incendies de forêt et qu’ils s’attendent à ce que la situation s’aggrave avec le changement climatique.

Bien que les Premières Nations ne constituent que cinq pour cent de la population, elles représentent 50 pour cent ou plus des personnes évacuées pour tous les types d’évacuations, a souligné M. John.

Le grand chef a réclamé un fonds fédéral de 200 millions $ pour aider les 203 communautés autochtones de la province à élaborer des plans de gestion des urgences, à former du personnel et à acheter de l’équipement au cours des quatre prochaines années. Le premier ministre semblait ouvert à en discuter, a dit M. John.

La carte de risques d’incendies de forêt publiée par le gouvernement de la Colombie-Britannique indique une cote de danger extrême ou élevée dans pratiquement toute la province. Les prévisions météorologiques prévoient toutefois un temps plus frais et de possibles averses possibles, mais il pourrait aussi y avoir des éclairs avec la pluie.