Des cérémonies plus sobres pour ce jour du Souvenir en temps de pandémie

OTTAWA — Une foule modeste — pandémie oblige — s’est rassemblée au centre-ville d’Ottawa, mercredi matin, sous un ciel sombre, pour assister à la cérémonie solennelle du jour du Souvenir, au Monument commémoratif de guerre du Canada.

«En ce jour où tant de choses ont changé depuis la dernière fois que nous nous sommes réunis, puissions-nous être réconfortés par les paroles de Sa Majesté la reine aux Canadiens dans le contexte de cette pandémie», a dit le major-général Guy Chapdelaine, prêtre catholique et aumônier général des Forces armées canadiennes. «L’espoir réside dans les soins apportés aux personnes vulnérables et à celles qui en ont besoin», a-t-il dit, répétant le message à deux reprises.

À cause de la COVID-19, les Canadiens étaient encouragés à rester chez eux, mercredi, pour souligner le sacrifice de ceux qui ont donné leur vie pour défendre le pays. Quelques centaines de personnes, plutôt que les 30 000 habituelles, ont observé les deux minutes de silence autour du Monument commémoratif de guerre du Canada à Ottawa. De nombreuses couronnes avaient déjà été déposées autour du cénotaphe, afin de réduire le nombre de participants.

Mais une petite foule avait tenu à assister à la cérémonie en personne, derrière les barrières que la police avait érigées le long de la rue Elgin, au centre-ville d’Ottawa. L’un de ces Canadiens reconnaissants, Chris Turenne, se demandait pourquoi on n’avait pas permis la tenue d’une cérémonie traditionnelle, mais en toute sécurité, puisque d’autres rassemblements et manifestations ont eu lieu.

Comme l’avait promis la Légion royale canadienne, la cérémonie comprenait de nombreux éléments traditionnels, comme la déchirante sonnerie aux morts «Last Post» et l’émouvant poème «In Flanders Fields». Le survol prévu d’un avion militaire au-dessus du centre-ville d’Ottawa à l’issue de la cérémonie a toutefois dû être annulé en raison des conditions météorologiques.

Un accent particulier a également été mis cette année sur le 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. De nombreuses commémorations prévues au début de cette année en Europe et ailleurs dans le monde ont été annulées en raison de la pandémie.

Pas de défilés de vétérans

Le premier ministre Justin Trudeau est arrivé au Monument commémoratif de guerre du Canada avec sa femme, Sophie Grégoire. Ils portaient tous les deux un masque, comme les autres participants à la cérémonie, notamment la gouverneure générale, Julie Payette, et Debbie Sullivan, la «mère de la Croix d’argent» cette année. Le fils de Mme Sullivan, Chris Saunders, officier de la Marine, a perdu la vie en octobre 2004 dans l’incendie à bord du sous-marin Chicoutimi, qui rentrait au Canada.

Perry Bellegarde, chef national de l’Assemblée des Premières Nations, ainsi que le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance, étaient également présents. Il y avait un petit défilé militaire avec orchestre, mais pas de défilé d’anciens combattants dans les rues d’Ottawa.

De nombreuses autres sections de la Légion à travers le pays avaient également préparé des cérémonies simples: les défilés d’anciens combattants et de militaires en service avaient été annulés et les couronnes étaient déposées au préalable.

Des cérémonies privées étaient également prévues dans des établissements de soins de longue durée qui hébergent certains des anciens combattants les plus âgés du Canada. Plusieurs d’entre eux auraient pu normalement assister à une commémoration dans leur région, mais ils sont particulièrement vulnérables cette année en raison de la COVID-19.

À Québec, le premier ministre François Legault est allé se recueillir devant la Croix du sacrifice, à l’entrée du parc des Champs-de-Bataille, tout près de l’Assemblée nationale. 

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