Des chefs Wet’suwet’en demandent la démission de la ministre Carolyn Bennett

VANCOUVER — Les chefs élus de plusieurs Premières nations divisées en raison de la construction d’un gazoduc dans le nord de la Colombie-Britannique demandent la démission immédiate de la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett.

Dans un communiqué publié lundi, quatre chefs élus de la Première nation Wet’suwet’en ont fait valoir que le processus par lequel la province, le gouvernement fédéral et les chefs héréditaires sont arrivés à un protocole d’entente sur les droits et les titres des Wet’suwet’en était inacceptable.

En plus d’appeler à la démission de Carolyn Bennett, les chefs élus demandent également à la Colombie-Britannique et au gouvernement fédéral de rejeter le protocole actuel et de recommencer le processus de négociation avec la pleine participation des chefs élus.

«Nous pensons qu’il est important de réaffirmer que nous sommes d’accord avec la poursuite des négociations pour les droits et les titres des Wet’suwet’en, mais nous contestons la consultation inappropriée concernant le protocole d’entente qui conduirait à des négociations», indique leur déclaration.

«Ce manque de consultation et les secrets signifient que les gouvernements agissent de mauvaise foi contrairement à l’honneur de la Couronne.»

Les Wet’suwet’en sont régis à la fois par un système traditionnel de chefs héréditaires et par des conseils de bande élus.

Cinq conseils élus de Wet’suwet’en ont signé des accords avec Coastal Gaslink, qui a l’approbation du gouvernement pour la construction du gazoduc qui acheminerait le gaz naturel à travers le territoire des Wet’suwet’en jusqu’à Kitimat sur la côte de la Colombie-Britannique.

Mais les chefs héréditaires affirment que la société n’a pas le pouvoir de construire le pipeline à travers leur territoire sans leur consentement, et leur opposition a déclenché des manifestations et des blocus qui ont eu un impact sur l’économie à l’échelle nationale en février.

La cheftaine élue Rosemarie Skin de la nation Skin Tyee, le chef Dan George de la Première nation Tx’il Kaz Koh, la cheftaine Maureen Luggi de la Première nation Wet’suwet’en et la cheftaine Patricia Prince de la Bande indienne Nee Thai ont déclaré que les membres élus du conseil n’étaient pas autorisés à voir le protocole d’entente avant jeudi.

On ne connait pas les détails du protocole d’entente, mais un accord a été conclu le 29 février et le 29 avril, le gouvernement de la Colombie-Britannique a déclaré que les clans Wet’suwet’en avaient donné leur soutien pour le signer.

Le protocole d’entente a été conçu pour aborder les droits fonciers et les titres de propriété de manière générale, plutôt que comme un accord lié au pipeline.

La déclaration des chefs élus indique que le Bureau des Wet’suwet’en, qui est composé des dirigeants héréditaires, a invité les gouvernements fédéral et provincial à signer le protocole jeudi prochain.

Ils affirment qu’ils ont rencontré virtuellement des chefs héréditaires ainsi que la ministre Bennett et son homologue provincial en Colombie-Britannique, le ministre des Relations avec les Autochtones, Scott Fraser, pour exprimer leurs préoccupations la semaine dernière.