Des chercheurs étudient le respect et la compréhension des mesures anti-COVID

MONTRÉAL — En attendant l’arrivée d’un traitement efficace contre le coronavirus, notre meilleure arme face à la pandémie est le respect des mesures de confinement et de distanciation sociale imposées par le gouvernement — d’où l’importance de bien comprendre ce que la population pense de ces consignes et ce qui la motive à les respecter, croit une chercheuse de l’Université du Québec à Montréal.

C’est donc dans ce but que la professeure Kim Lavoie, du département de psychologie de l’UQAM, et son collègue Simon Bacon, de l’Université Concordia, ont lancé une vaste étude en ligne.

«En bout de ligne on demande aux gens de changer leurs comportements (…) et c’est quelque chose qui n’est pas toujours facile, a dit Mme Lavoie. On ne peut pas (supposer) que parce que c’est logique, parce que c’est bon, parce que c’est souhaitable, parce que les autorités nous disent de le faire, que tout le monde va dire, ‘oui, ok, pas de problème et let’s go’. Les êtres humains ne sont malheureusement pas logiques.»

L’étude iCARE (International COVID-19 Awareness and Responses Evaluation – Évaluation internationale de la compréhension et des réactions par rapport à la COVID-19) est menée par le Centre de médecine comportementale de Montréal, un centre de recherche et de formation universitaire conjoint du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, de l’UQAM et de Concordia.

Pour ce projet qu’ils codirigent, Mme Lavoie et M. Bacon collaborent avec quelque 130 chercheuses et chercheurs d’une trentaine de pays.

Le sondage a été traduit jusqu’à maintenant en 26 langues et le sera dans une douzaine d’autres sous peu. Ceux qui y participent doivent notamment répondre à des questions sur leur santé, leur attitude face aux mesures anti-coronavirus prises par leur gouvernement et leur comportement durant la pandémie.

«Selon les sous-populations, comme les hommes, les femmes, les jeunes, les vieux, les parents, les gens ayant des maladies chroniques, si on peut mieux comprendre ce qui les préoccupe, on peut peut-être mieux adapter nos messages, a dit Mme Lavoie. Souvent, on entend des messages qui nous disent de rester chez nous pour protéger la communauté, les personnes âgées, les gens malades… Et ça (suppose) que les gens vont être persuadés par ce message-là.»

Elle cite en exemple les jeunes qui ont récemment fait fi des directives gouvernementales pour prendre d’assaut certaines plages des États-Unis.

«Avec les messages qui disent que les jeunes ne sont pas vraiment touchés, la plupart des jeunes n’ont pas de maladies chroniques, leurs parents ne sont pas encore vieux, (…) j’aurais pu prédire, en tant qu’experte en comportement humain, que ces messages-là ne seraient pas très persuasifs pour cette tranche-là de la population», a assuré Mme Lavoie.

On aurait plutôt eu intérêt, croit-elle, à rappeler aux jeunes qu’un respect des mesures pourrait les aider à compléter leur année scolaire ou encore à garder leur emploi.

Les chercheurs ont l’intention de proposer une nouvelle version du questionnaire tous les mois pendant au moins six mois, afin de suivre l’évolution de la crise et d’en examiner différentes facettes.

«On va vouloir savoir comment la situation vous a touché personnellement, parce que ça aussi, ça peut être une autre source de motivation, a expliqué Mme Lavoie. Si vous avez perdu votre emploi, si vous avez perdu des membres de votre famille, (…) ça peut être une autre façon de mieux comprendre ce qui motive qui, et où.»

Quelque 20 000 personnes ont déjà répondu à la première mouture du sondage mise en ligne il y a une dizaine de jours.

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Pour participer au sondage:

https://mbmc-cmcm.ca/fr/covid19/

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