Des chercheurs ont tenté de comprendre le comportement des chevaux qui font du rodéo

CALGARY — Les amateurs de rodéo ressentent un frisson lorsqu’ils voient un cheval sauvage se ruer dans le ring, avec un cowboy temporairement sur son dos. Mais il est difficile de savoir comment se sent l’animal.

Une recherche de l’Université de Calgary récemment publiée a examiné trois années d’événements au Stampede afin de scruter l’esprit de l’animal.

Ed Pajor, un professeur en médecine vétérinaire, explique qu’il a essayé de comprendre le point de vue de l’animal, à savoir s’il s’agit pour lui d’une expérience négative ou non.

M. Pajor et ses coauteurs — Christy Goldhawk, aussi de l’Université de Calgary et le célèbre spécialiste du comportement animalier Temple Grandin — ont étudié 116 chevaux. Ils ont regardé les animaux sur le point d’être chargés dans une remorque et emmenés dans le ring. Ils ont également observé comment les chevaux se comportaient lorsqu’ils attendaient d’être détachés.

Les chevaux ont toutes sortes de façons de montrer qu’ils sont malheureux, a indiqué M. Pajor. Ils peuvent faire des va-et-vient, se mordiller les lèvres, fouetter la queue, déféquer, rouler des yeux, donner des coups de patte par terre, secouer la tête ou se cabrer en signe de protestation.

Les chercheurs ont découvert que plus il y avait de monde autour d’eux, plus les chevaux étaient susceptibles de se sentir mal à l’aise. C’est probablement parce qu’ils passent la plupart de leur temps dans les champs et les pâturages et ne sont pas habitués à l’agitation, a précisé M. Pajor.

L’autre facteur qui a affecté le comportement était l’expérience. Si ce n’était pas leur premier rodéo, les chevaux étaient beaucoup moins susceptibles de réagir.

«Nous n’avons pas vu beaucoup de tentatives de fuite. Nous n’avons pas vu beaucoup de comportements liés à la peur, pas du tout, a expliqué le chercheur. Les animaux étaient assez calmes.»

«Les animaux qui avaient peu d’expérience étaient beaucoup plus réactifs que les animaux qui avaient beaucoup d’expérience.»

Il pourrait y avoir différentes raisons à cela, a-t-il suggéré.

«Nous ne savons pas si c’est parce qu’ils sont habitués à la situation ou si c’est à cause de leur impuissance acquise — ils se rendent compte qu’ils ne peuvent rien faire et abandonnent.»

M. Pajor croit davantage à la première hypothèse.

Les chercheurs ont également noté que les performances des chevaux, comme le révèle le score des juges de rodéo, ne semblaient pas être diminuées par des apparitions répétées, comme cela pourrait être le cas si les animaux étaient devenus apathiques.

Cela ne signifie pas nécessairement que les chevaux passent un bon moment, a indiqué M. Pajor, qui fait également partie du conseil consultatif sur le bien-être des animaux du Stampede. Il y a plusieurs façons d’interpréter leur comportement, souligne-t-il.

«Un animal peut être excité à l’idée de performer. Ou un animal peut avoir une réaction de peur.»

M. Pajor sait qu’il existe différents camps sur les rodéos et les animaux.

«Les gens ont des opinions très tranchées sur l’utilisation des animaux pour toutes sortes de raisons. Je pense que peu importe pour quoi nous allons utiliser les animaux, nous devrions vraiment nous assurer de les traiter avec humanité», a-t-il plaidé.

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