Des citoyens discutent de réconciliation autochtone en Colombie-Britannique

VANCOUVER — Alors que le Canada cherche encore comment concrétiser le processus de réconciliation avec les Autochtones, un groupe de citoyens de la Colombie-Britannique se réunit pour discuter face à face des moyens à prendre pour rétablir le lien.

Une dizaine de personnes se rencontrent toutes les trois semaines chez Kristi Lind, dans la petite communauté de Naramata au sud de Kelowna pour aborder des façons de tisser des liens, de combattre le racisme et de soutenir les Autochtones de la région.

Kristi Lind résume simplement la démarche comme une tentative de devenir de meilleurs alliés et d’amener les deux populations à se tenir debout côte à côte.

L’initiatrice qui s’intéresse à la justice sociale a lu le rapport de la Commission de vérité et réconciliation après avoir entendu un message à la radio demandant à tous les Canadiens de le faire. Ne voulant pas accomplir la tâche seule, elle a tendu une perche à sa communauté par l’entremise d’un message affiché à la bibliothèque locale.

Le groupe de vérité et réconciliation de Naramata s’est ainsi formé. Après avoir procédé à la lecture du rapport de la commission, le groupe a évolué vers un lieu d’échange sur une variété d’enjeux incluant les privilèges, les traumatismes et la définition d’un véritable allié.

Le groupe a notamment pu bénéficier de la participation d’une voix d’origine autochtone en Anni Phillips, une femme originaire de Saskatchewan et qui est de descendance à la fois crie et écossaise.

L’un des premiers gestes posés par le regroupement a été de partager entre eux l’arbre généalogique de chacun. Il est rapidement devenu évident que les origines de Mme Phillips étaient bien différentes de celles des autres membres issus de la classe moyenne blanche.

Anni Phillips raconte que sa mère, d’origine autochtone, a quitté le foyer familial lorsqu’elle n’avait pas encore cinq ans. La petite fille a alors grandi avec la famille non autochtone de son père. Puis, elle a emménagé chez son père et sa conjointe dont la famille est Cri.

«J’ai vécu dans les deux mondes», souligne Mme Phillips, qui a témoigné de son expérience lors des audiences de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Tout en reconnaissant que l’expérience était plutôt «stressante» de partager son vécu avec les membres du groupe de Naramata, la dame considère avoir beaucoup appris.

«En grandissant, j’ai caché mon identité pour survivre dans ce monde parce que c’était mal d’être une Indienne», confie-t-elle.

La Commission de vérité et réconciliation lui a permis de changer de perception.

«J’ai commencé à mieux comprendre mon éducation, et les raisons pourquoi je cachais mon identité, les raisons pour lesquelles je me sentais honteuse d’être qui je suis», raconte Mme Phillips.

Pour elle, ce processus de réconciliation s’est transformé en un processus de guérison, de reconstruction de ses liens familiaux et d’éducation auprès de sa communauté au sujet de la réalité de ce qu’ont vécu les personnes d’origine autochtone.

Pour Kristi Lind et son groupe de discussion, la réconciliation commence par l’écoute et la création de relations avec les communautés locales des Premières Nations.

Les membres du groupe ont notamment pris part à des événements organisés par les Premières Nations ainsi qu’à une marche contre le racisme dans leur village.

Le groupe de Naramata a même inspiré la formation de deux nouveaux regroupements dans la vallée de l’Okanagan.