Des découvertes inattendues sur le site de l’ancien Parlement du Canada-Uni

MONTRÉAL — Les archéologues ayant effectué des fouilles à l’emplacement du Parlement du Canada-Uni, cet été à Montréal, ont trouvé de nombreux objets qu’ils s’attendaient à découvrir… et quelques-uns sur lesquels ils ne s’attendaient pas à mettre la main.

Les fouilles ont commencé à la fin du mois de juillet à l’endroit où se trouvait le parlement de Montréal de 1844 à 1849, avant d’être détruit par un incendie.

Quelques-uns des 300 000 artéfacts cueillis sur les lieux dans les derniers mois ont été présentés, mardi, par les employés du musée Pointe-à-Callière, dans le Vieux-Montréal.

De la vaisselle, des assiettes, des bols et de la coutellerie sans doute utilisés au restaurant du parlement ont été récupérés, tout comme des coquilles d’huîtres — le fruit de mer faisant vraisemblablement partie des collations parlementaires populaires à l’époque.

Des objets d’hygiène personnelle ont aussi été trouvés, incluant un nécessaire à rasage, des savonniers et des ciseaux.

L’une des découvertes jugées les plus remarquables par le musée demeure toutefois celle de deux tampons encreurs en alliage cuivreux, utilisés pour authentifier des documents officiels.

«La découverte de choses inattendues est au coeur de l’archéologie», a déclaré Louise Pothier, archéologue en chef du musée.

«Cet été, nous avons trouvé des artéfacts incroyables.»

L’un des tampons encreurs a été trouvé dans le secteur où devait se situer le bureau du greffier et porte l’inscription en relief «Legislative Assembly Canada», en lettres majuscules.

L’autre porte la marque de «Legislative Council Library», aussi en majuscules, et provient de l’emplacement présumé de la bibliothèque du conseil.

«Ce sont des articles très précieux, très rares, a déclaré Mme Pothier. Ce sont sans doute les seuls objets du genre dans les collections canadiennes.»

Une capsule temporelle

Le parlement se trouvait dans un édifice connu sous le nom de marché Sainte-Anne, qui a été reconstruit après l’incendie avant d’être rasé en 1901.

Par la suite, l’emplacement a été utilisé comme stationnement pendant plusieurs décennies, ce qui lui a permis d’être préservé comme une espèce de capsule temporelle.

Au total, environ 50 pour cent de l’ancien édifice a été excavé en 2017. Les artéfacts trouvés cet été seront ajoutés aux quelque 500 000 articles récupérés lors de deux fouilles précédentes, qui remontent à 2010.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, était présent au musée, mardi. La Ville a dépensé 6 millions $ pour les fouilles, dans le cadre des célébrations de son 375e anniversaire.

«C’est bien de savoir d’où on vient et d’apprendre du passé», a-t-il noté.

La signification de plusieurs des articles trouvés pourrait être découverte au cours des prochains mois, souligne par ailleurs le chargé de projet du musée, Hendrik Van Gijseghem.

«Nous pouvons nous attendre à d’autres découvertes, parce que plusieurs des artéfacts trouvés doivent encore être traités. C’est souvent pendant le nettoyage et l’inventaire (…) que nous découvrons des choses», a-t-il expliqué.

Les travaux devraient se terminer vers la mi-novembre, et l’emplacement sera recouvert de sable pour pouvoir être exploré par de futures générations.