Des défis importants pour la rentrée scolaire dans le Nord

Les enseignants des conseils scolaires du nord de l’Ontario s’inquiètent de la prochaine rentrée scolaire, affirmant que la vaste géographie et la population clairsemée de la région présentent des défis particuliers qui ne sont pas pris en compte «au sud».

Tous les conseils scolaires de l’Ontario élaborent actuellement leurs plans pour septembre. Les enseignants du Nord admettent que la réouverture sera difficile pour tout le monde, mais ils signalent aussi que les directives générales élaborées par le ministère de l’Éducation ne tiennent pas compte du manque de ressources dans ces contrées très éloignées.

«Nous voulons être dans les écoles. Nous voulons offrir une éducation de qualité», assure Kim Douglas, présidente du syndicat de l’élémentaire au conseil scolaire Keewatin-Patricia. «(Mais) je ne pense pas qu’ils aient assez d’équipement, assez de désinfection, assez d’aide pour rassurer les gens.»

La représentante syndicale, qui habite Dryden, a enseigné pendant une trentaine d’années. Elle rappelle que les écoles de la région sont rares et espacées et fonctionnent avec peu de personnel — une enseignante à plein temps, une à temps partiel, et une aide-enseignante. Il n’y a par ailleurs aucune administratrice, ce qui pose de nouveaux défis lors d’une pandémie. «Qu’est-ce qu’on fait quand un enfant tombe malade? Qui va être responsable de cet enfant?»

Difficile même à distance

Par ailleurs, l’apprentissage à distance, une solution largement utilisée un peu partout depuis le début de la pandémie, comporte aussi des défis plus importants dans le Nord, rappelle Mme Douglas. «Beaucoup d’entre nous n’ont pas d’accès sans fil à internet à la maison — ça nous coûte une fortune ici (…) Juste pour l’apprentissage à distance, des enseignants ont déboursé plus de 700 $.»

Et même si elle a noté que le risque de contracter la COVID-19 dans sa région est relativement faible, de nombreuses personnes vivent le long de la route Transcanadienne et pourraient entrer en contact avec des camionneurs et d’autres voyageurs qui ont transité par des zones plus «chaudes».

Louis Clausi, un représentant pour le Nord-Est ontarien du syndicat des enseignants des écoles catholiques anglaises, qui a enseigné au secondaire pendant 20 ans, rappelle lui aussi que la géographie constitue un enjeu de taille pour son conseil scolaire. «Pour aller de Kapuskasing à Cobalt en voiture, c’est un trajet de six heures. Il est difficile pour le conseil de gérer un espace aussi vaste et de traiter toutes les questions spécifiques» — notamment les garderies et les autobus scolaires.

Et dans sa région, il faut agir vite: certaines écoles devraient rouvrir fin août, parce qu’elles font relâche en octobre pour la saison de la chasse.

Le ministre ontarien de l’Éducation, Stephen Lecce, a d’abord prévenu que les conseils scolaires devaient préparer des plans pour trois scénarios en septembre: un enseignement régulier en classe avec des mesures de distanciation physique, un apprentissage à distance à temps plein, et un modèle hybride combinant les deux approches.

Le ministre a déclaré plus tard qu’il s’attendait à ce que tous les élèves commencent l’année scolaire avec le modèle hybride, qui ne verrait pas plus de 15 élèves dans la classe, en alternance selon les jours ou les semaines. Mais il a exprimé récemment sa préférence pour l’enseignement entièrement en classe.

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