Des députés fédéraux se penchent sur l’utilisation de la reconnaissance faciale

OTTAWA — L’utilisation controversée des outils de reconnaissance faciale sera bientôt scrutée à la loupe par un comité parlementaire fédéral.

Les membres du Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique ont convenu cette semaine d’examiner les effets de cette technologie sur la société civile, le droit à la vie privée, les minorités et les populations vulnérables. Le député néo-démocrate Charlie Angus, qui a proposé cet examen parlementaire, a suggéré au comité des Communes d’étudier l’utilisation de ces nouveaux outils aussi bien par les gouvernements et la police que par les entreprises et les particuliers.

Des applications numériques avancées permettent désormais aux ordinateurs de filtrer rapidement des millions d’images stockées et de les comparer aux photos d’une personne prises par exemple à l’aéroport, lors d’une manifestation ou dans les gradins d’un amphithéâtre sportif. Des reportages récents ont soulevé des questions et des préoccupations quant à savoir si l’entreprise américaine Clearview AI recueillait et utilisait des informations personnelles sans le consentement des citoyens.

Les députés fédéraux examineront comment cette technologie de reconnaissance faciale peut affecter la vie privée et la sécurité des enfants, des personnes âgées et de diverses communautés culturelles. Ils étudieront également comment ces outils peuvent être utilisés à des fins de harcèlement criminel ou de surveillance illégale, ainsi que tout lien entre la police canadienne et les entreprises technologiques qui commercialisent de telles applications.

Le responsable fédéral de la protection de la vie privée et ses homologues du Québec, de la Colombie-Britannique et de l’Alberta ont annoncé la semaine dernière qu’ils étudieraient conjointement l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale offerte par Clearview AI. Cette technologie de Clearview AI a pu ensuite aider des corps policiers et des institutions financières à identifier des individus.

Les agences de protection de la vie privée de toutes les provinces et de tous les territoires ont quant à elles convenu d’élaborer des lignes directrices pour les organisations — y compris les forces de l’ordre — sur l’utilisation des technologies biométriques, comme la reconnaissance faciale.

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