Des écologistes d’Extinction Rebellion manifestent aux intersections

MONTRÉAL — Le groupe écologiste Extinction Rebellion, qui s’est fait connaître au Québec en paralysant le pont Jacques-Cartier et une partie du centre-ville de Montréal mardi aux heures de pointe du matin et du retour à la maison, a poursuivi ses actions militantes samedi après-midi à Montréal, Québec et Sherbrooke en menant ce qu’il appelle des «Slow Swarms».

L’activité consiste à s’immobiliser à des passages piétons durant le feu rouge en tenant des bannières, des drapeaux et des messages. Le groupe compte ainsi «sensibiliser» les automobilistes et les piétons aux changements climatiques.

À Montréal, ils étaient une trentaine dans le Vieux-Port arborant des affiches indiquant «Le niveau des océans augmente», «Le permafrost se désintègre» et «Reveillez-vous pour la vie» notamment.

En entrevue avec La Presse canadienne, Elza Kephart, une des cofondatrices d’Extinction Rebellion au Québec, a expliqué que le groupe ne fait pas que des actions de désobéissance civile. Les activités comme les «Slow Swarms», qui se déroulent depuis six semaines dans la métropole, ont également pour objectif de recruter des militants, a-t-elle précisé.

Le groupe a multiplié les actions dans les derniers jours dans le cadre de la «Semaine internationale de la rébellion». Vendredi, quelques militants ont déversé du colorant rouge dans la fontaine située devant l’Assemblée nationale. Ils demandaient notamment l’abandon du projet GNL Québec et de celui d’un troisième lien.

Guillaume Benoit, un militant qui participait pour la première fois à une telle manifestation, a déclaré aimer «la simplicité de l’action» étant donné que rien n’est bloqué et que ça leur fournit l’occasion de communiquer leur message.

«On fonce dans un mur en tant que société à grande vitesse, a estimé M. Benoit. On a essayé plein d’autres moyens dans les dernières décennies. On a essayé les marches, les manifestations, les projets de loi et maintenant on doit aller dans la rue de d’autres manières.»

À ses côtés, un autre militant, David François, a tranché au terme d’un long plaidoyer qu’il «faut qu’on prenne nos responsabilités».

L’instigatrice des événements de Québec, Anne Rufiange, a pour sa part dit constater que les réactions sont polarisées. L’intérêt pour leur page Facebook et les demandes d’information explose, tandis que des citoyens ont manifesté leur désaccord avec les propos et les actions du groupe.

«On s’est fait beaucoup traiter d’extrémistes cette semaine, qu’on exagère la situation, que c’est trop drastique comme message et qu’il faudrait arrêter de faire peur aux gens, a-t-elle déclaré. Mais en même temps, c’est la science qui nous dit que la situation est extrême. Tous les scientifiques le disent vers où on s’en va. C’est très épeurant.»

Mouvement en croissance

Le groupe, qui a le vent dans les voiles, prévoit même une «présentation du mouvement» la semaine prochaine à Montréal où sont invités tous ceux qui font de «l’écoanxiété».

Les militants sont aussi inspirés par la mobilisation. Ça «donne l’impression de faire quelque chose» et ça «fait du bien à leur anxiété», a indiqué Mme Rufiange.

Les militants, qui se qualifient de «rebelles», ont lancé une campagne de sociofinancement dans le but d’amasser 40 000 dollars pour soutenir leurs activités. En trois jours, la page GoFundMe indique qu’ils ont récolté plus de 16 000 dollars.

L’environnement s’est hissé parmi les principaux thèmes de la campagne électorale fédérale. Une marche pour le climat a même attiré entre 300 000 et 500 000 dans les rues de Montréal à la fin septembre.

Aux dires de Mme Rufiange, c’est carrément «le sujet de l’heure dans la campagne». Selon elle, l’intérêt porté aux changements climatiques est directement relié à la mobilisation de la dernière année au niveau mondial pour dénoncer «l’inaction des gouvernements».

D’ailleurs, à Paris, un autre groupe de militants écologistes, Attac, a aspergé de peinture noire le siège social de la pétrolière Total, samedi. Tout en refusant de commenter directement le geste, la porte-parole de Mme Rufiange estime qu’«il va falloir faire tout ce qu’il faut» pour que les gaz à effet de serre diminuent, notamment attaquer symboliquement les pétrolières.

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