Des élections générales au Nouveau-Brunswick le 14 septembre

FREDERICTON — Les Néo-Brunswickois iront aux urnes le 14 septembre: le premier ministre Blaine Higgs a déclaré lundi que la province avait besoin de stabilité pour faire face aux défis à venir et il a déclenché le premier scrutin au Canada depuis le début de la pandémie en mars.

«La prochaine campagne électorale ne ressemblera à aucune autre», a admis M. Higgs devant les journalistes, lundi, après sa rencontre avec la lieutenante-gouverneure pour dissoudre la 59e législature.

Le chef progressiste-conservateur a déclaré que les candidats devront être créatifs et innovants pendant cette campagne de 28 jours. «Nos candidats ne feront pas de porte-à-porte et ne laisseront pas de documents ou de brochures livrés en main propre à votre porte», a-t-il promis.

M. Higgs a assuré qu’il s’était entretenu avec la médecin hygiéniste en chef de la province avant de prendre la décision de déclencher ces élections anticipées, et que la docteure Jennifer Russell avait conclu qu’une élection générale pouvait se tenir en toute sécurité.

Le chef conservateur a déclaré qu’il avait été contraint de déclencher ces élections anticipées parce que les libéraux avaient abandonné vendredi les pourparlers visant à empêcher la tenue d’élections générales jusqu’en 2022.

Mais le chef libéral, Kevin Vickers, a accusé M. Higgs d’écouter ses conseillers politiques plutôt que les citoyens du Nouveau-Brunswick en les plongeant dans un scrutin dont ils n’ont pas besoin ou qu’ils ne veulent pas. «Blaine Higgs a choisi d’envoyer des Néo-Brunswickois aux urnes au beau milieu d’une pandémie», a déclaré lundi M. Vickers aux journalistes à l’extérieur de l’Assemblée législative. «Le premier ministre du Nouveau-Brunswick a choisi l’opportunisme politique plutôt que la santé et la sécurité de nos citoyens.»

M. Higgs a assuré lundi que la campagne pourrait être interrompue ou reportée si une éclosion majeure de COVID-19 se produisait. Mais la directrice générale des élections, Kim Poffenroth, déclarait récemment qu’il n’y aurait aucun moyen d’interrompre la campagne une fois le décret émis.

Mme Poffenroth indiquait alors que plus d’un million de dollars avaient été dépensés en équipement de protection individuelle pour les électeurs et le personnel en vue des élections générales. Le vote par correspondance et le vote par anticipation seront aussi offerts — et encouragés — pour éviter les contacts au bureau de scrutin.

«Assurer la stabilité»

Au moment de la dissolution de l’Assemblée législative, les conservateurs et les libéraux disposaient chacun de 20 sièges, tandis que les verts et l’Alliance des gens en avaient chacun trois. On compte deux sièges vacants et un député indépendant.

M. Higgs avait formé un gouvernement minoritaire en 2018 et déclarait ces dernières semaines qu’il devait assurer une certaine stabilité au Nouveau-Brunswick alors que la province se remet des effets de la pandémie et se prépare à une éventuelle deuxième vague. Le premier ministre avait invité il y a une semaine les chefs de l’opposition à des pourparlers pour parvenir à un accord formel afin de ne pas déclencher d’élections avant septembre 2022, ou au plus tôt 30 jours après que les responsables de la santé publique auront déclaré la fin de la pandémie de COVID-19.

M. Higgs avait menacé la semaine dernière de déclencher un scrutin si les partis de l’opposition n’acceptaient pas de s’engager à maintenir son gouvernement minoritaire. Le chef libéral Vickers avait quitté vendredi les négociations visant à parvenir à un accord de partage du pouvoir entre les partis, affirmant que cette mesure équivalait à un coup de force du premier ministre Higgs.

M. Vickers a déclaré lundi que son parti était prêt à faire des concessions qui auraient assuré la stabilité du gouvernement jusqu’en 2021. Mais M. Higgs a soutenu que le chef libéral subissait malheureusement «beaucoup de pression pour ne pas parvenir à un accord».

Le premier ministre Higgs a estimé lundi que cette élection était une question de «substance et de stabilité» pour les mois qui viennent. «Les Néo-Brunswickois devront décider qui peut les mener vers l’inconnu qui pourrait surgir dans les mois et les années à venir.»

Le chef du Parti vert, David Coon, a trouvé «alarmant» que le premier ministre déclenche des élections pendant la pandémie «alors que les gens sont tellement préoccupés par leur santé, par la santé de leurs enfants, la santé de leurs aînés et de leurs parents». Cette campagne, a ajouté M. Coon, portera d’ailleurs sur la santé et la sécurité des Néo-Brunswickois.

Le chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, a promis quant à lui d’augmenter le nombre de sièges de son parti à l’Assemblée législative. Selon lui, les Néo-Brunswickois ont été satisfaits du travail réalisé par le comité multipartite du cabinet sur la COVID-19 et ils voyaient des avantages à ce gouvernement minoritaire — maintenu au pouvoir par les trois députés de l’Alliance.

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