Des études suggèrent que les nouveaux arrivants sont moins à l’aise dans l’eau

MONTRÉAL — La récente noyade d’une jeune réfugiée syrienne est venue souligner de manière tragique les conclusions de deux études selon lesquelles les nouveaux arrivants sont plus susceptibles de se noyer que les personnes nées au Canada.

La fillette de 8 ans est morte dimanche, dans les eaux de la rivière Magog, à Sherbrooke. Les représentants de la communauté musulmane locale rapportent que sa famille s’y était établie il y a environ deux ans, en quête de stabilité.

Selon une étude de 2010 réalisée pour la Société de sauvetage, les néo-Canadiens — plus particulièrement ceux qui vivent au Canada depuis moins de cinq ans — présentent un plus haut risque de noyade lorsqu’ils se baignent ou naviguent sur l’eau.

La recherche effectuée par l’Institut d’affaires publiques Ipsos Reid s’intéressait à l’influence de l’ethnicité sur les comportements en matière de sécurité nautique.

Près du tiers des néo-Canadiens font preuve de nervosité à proximité de l’eau et la moitié d’entre eux craignent alors pour la vie de leurs enfants, a-t-on conclu.

«Il suffit de regarder les noms de famille des dernières victimes de cette année au Québec et on s’aperçoit vite que ce sont certainement des nouveaux Canadiens établis ici depuis quelques mois ou quelques années», fait valoir le directeur général de la Société de sauvetage de la province, Raynald Hawkins.

Au début du mois de juillet par exemple, un garçon d’à peine six ans dont la famille d’origine nigérienne venait de s’installer au Québec est mort noyé dans une piscine.

M. Hawkins avance que 20 pour cent des nouveaux arrivants ne savent aucunement nager, contre cinq pour cent des personnes nées en sol canadien.

Une autre étude, parue pour sa part en 2016, s’était penchée sur les jeunes immigrants âgés de 11 à 14 ans. Ceux-ci s’étaient montrés cinq fois plus susceptibles de ne pas savoir nager que leurs camarades de classe nés au pays.

«Souvent, ils n’avaient pas de piscines là où ils vivaient et quand ils arrivent au Canada, il y a beaucoup de piscines, de rivières et de lacs accessibles», a souligné M. Hawkins en entrevue avec La Presse canadienne mardi.       

Il encourage les nouveaux arrivants à s’inscrire au programme «Nager pour survivre» offert dans les écoles primaires par son organisme.

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