Des experts de la lutte contre les incendies sont de retour d’Australie

WINNIPEG — Le Manitobain Gerry Rosset est agent de conservation depuis 38 ans. Celui qui revient d’un séjour de cinq semaines en Australie où il a contribué à la lutte contre les dévastateurs feux de brousse dit qu’il n’a jamais rien vu de semblable.

Lui et son collègue manitobain Andrew Prokopchuk ont fait partie de la première vague de Canadiens partis au début de décembre en Australie. Ils sont rentrés jeudi chez eux.

«Les conditions étaient très instables, notamment à cause de la sécheresse qui y sévissait», raconte M. Rosset.

Enlacée par sa femme à son arrivée à l’aéroport de Winnipeg, M. Prokopchuk a décrit les incendies comme étaient immenses et se déplaçant rapidement.

«Le seul incendie que nous avons combattu s’étendait sur plus de 400 000 hectares. Son périmètre dépassait 1000 kilomètres, relate-t-il. Il n’a cessé de croître chaque jour de façon substantielle. Chaque jour, il y avait un vent fort dont la puissance augmentait encore plus.»

Les deux hommes travaillaient dans des centres de lutte contre les incendies dans le sud-est de l’Australie. Leur mission était d’aider à coordonner et à déployer des équipes et des ressources. Même s’ils étaient éloignés des flammes, M. Prokopchuk dit que le ciel était très sombre pendant la journée.

Gerry Rosset et Andrew Prokopchuk font partie d’une centaine d’experts canadiens en incendie qui ont été envoyés en Australie depuis le début de décembre. Le gouvernement fédéral a offert une aide supplémentaire, car la crise sans précédent ne montre aucun signe de relâchement.

Les incendies ont fait au moins 26 morts depuis septembre et détruit plus de 2000 maisons. La région du sud-est est sèche et les températures devraient atteindre vendredi les 40°C.

M. Prokopchuk souligne que les Australiens étaient très heureux de voir l’aide d’autres pays.

«Où que nous allions, les gens voulaient nous serrer dans leurs bras. Ils avaient les larmes aux yeux. Nous avons parlé à beaucoup de gens qui ont perdu des fermes, des bâtiments, des maisons, des chalets. Cela affecte vraiment durement les gens.»

Les deux hommes ont l’habitude de voyager dans d’autres juridictions pour aider, bien qu’ils demeurent généralement en Amérique du Nord. M. Rosset dit qu’il est content d’être de retour d’Australie, mais qu’il y retournerait probablement si on le lui demandait.

Pour l’instant, les deux hommes ont des plans plus immédiats.

M. Rosset doit pelleter chez lui après que plusieurs centimètres de neige sont tombés sur le sud du Manitoba depuis le début de la semaine.

M. Prokopchuk compte se reposer.

«Dormir pendant quelques jours pour surmonter le décalage horaire, je suppose. Lundi, nous serons de retour à nos fonctions habituelles en tant qu’agents de conservation.»