Des experts mettent en garde contre l’idée de magasiner son vaccin

TORONTO — Plusieurs experts lancent une mise en garde contre la tentation de «magasiner» son propre vaccin.

Non seulement les données au sujet des vaccins ne sont pas comparables, mais le risque est grand de sous-estimer la capacité du produit d’AstraZeneca-Oxford à réduire les hospitalisations et les décès.

Selon le Dr Stephen Hwang, de l’hôpital St. Michael de Toronto, les Canadiens n’ont pas le luxe de choisir tant et aussi longtemps que la COVID-19 continuera de faire rage dans plusieurs régions du pays et de mettre à rude épreuve les systèmes de santé.

Il soutient que tout moyen capable de ralentir la pandémie doit être adopté, rappelant les nombreuses projections prévoyant une troisième vague alimentée par les variants.

«Il sera important que les gens soient vaccinés avec le premier produit qui sera disponible chez eux, plutôt d’attendre l’arrivée d’un vaccin spécifique», dit le Dr Hwang.

La conseillère médicale principale à Santé Canada, la Dre Supriya Sharma reconnaît que les gens seront sans doute plus attirés par les vaccins déjà approuvés de Pfizer-BioNTech et de Moderna dont l’efficacité est évaluée à 95 % que par celui d’AstraZeneca, dont le taux d’efficacité s’élève à 62% dans la prévention des cas symptomatiques.

Elle signale que si l’efficacité des trois vaccins n’est pas la même, par contre, aucune des personnes vaccinées qui a ensuite contracté le virus n’a été hospitalisée ou est morte de la COVID-19. 

«Chaque vaccin a des caractéristiques uniques et l’examen de Santé Canada a confirmé que les avantages du vaccin à base de vecteur viral, comme pour les autres vaccins autorisés, l’emportent sur leurs risques potentiels», a déclaré Sharma.

Mais plusieurs hésitent.

Par exemple, la Torontoise Maria Blum ne peut s’empêcher de se demander si le vaccin d’AstraZeneca est vraiment sans danger pour sa mère de 79 ans.

Le vaccin n’a pas été testé sur des personnes de plus de 65 ans. Cependant, Santé Canada soutient que les données provenant des pays ayant utilisé ce produit laissent entendre qu’il est sûr et efficace pour ce groupe d’âge. Le ministère promet une mise à jour lorsqu’elle obtiendra plus de données à ce sujet.

«Pour moi, ce n’est qu’une option pour ma mère, dit Mme Blum. Je me trompe peut-être, mais je ne croit pas qu’il soit plus utile. J’aimerais voir un vaccin dont le pourcentage d’efficacité est plus élevé.»

Elle souhaite avoir la possibilité de choisir, tout en reconnaissant que cela sera improbable. «En tant que Canadienne, j’aimerais que nous ayons tous des choix, peu importe l’âge, le sexe ou les capacités, déclare Mme Brum. Je vais attendre le moment où je pourrai avoir plus de choix.»

Une telle hésitation pourrait poser des problèmes pour atteindre la couverture vaccinale nécessaire pour renforcer l’immunité protectrice contre la COVID-19 au pays, prévient le Dr Hwang.

Il note qu’en Allemagne, plusieurs ont indiqué une préférence pour le vaccin fabriqué par Pfizer-BioNTech. Une fausse idée circule selon laquelle celui d’AstraZeneca est inférieur en raison d’un taux d’efficacité plus faible.

Le Dr Hwang souligne que l’efficacité des vaccins ne peut pas être comparée. Les essais ont été réalisés à des périodes différentes, dans différents pays, avec différents volontaires de différents groupes d’âge. 

«Tant que nous n’aurons pas d’études de comparaison directe, il est très difficile de savoir avec certitude comment cela va se passer», dit-il.

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