Des femmes autochtones réclament des excuses du chef de l’APN

HALIFAX – La fille d’une militante autochtone assassinée aux États-Unis en 1975 réclame les excuses du chef de l’Assemblée des Premières Nations, qui aurait manqué de compassion envers les femmes autochtones assassinées ou disparues.

Denise Maloney Pictou, de la Nouvelle-Écosse, fille d’Annie Mae Pictou Aquash, soutient que Perry Bellegarde a eu tort de suggérer que le premier ministre Justin Trudeau devrait demander au président américain Barack Obama de libérer le militant autochtone Leonard Peltier, condamné à la prison à vie pour meurtres aux États-Unis.

Dans une entrevue à la CBC, le grand chef Bellegarde a affirmé lundi que Peltier avait été victime d’un déni de justice lorsqu’il a été condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre de deux agents du FBI dans le Dakota du Sud en 1975.

M. Bellegarde s’est dit prêt, mercredi, à présenter ses excuses à Mme Pictou pour la peine que ses propos ont pu lui causer. Mais il rappelle que sa déclaration était en droite ligne avec la position de l’APN depuis 1999. L’Assemblée des Premières Nations avait alors adopté une résolution pressant le gouvernement canadien de demander au Procureur général des États-Unis de libérer Peltier.

Dans un communiqué publié mercredi matin, Mme Pictou et l’Association des femmes autochtones de la Nouvelle-Écosse soutenaient qu’une série d’affaires judiciaires aux États-Unis avaient démontré qu’Annie Mae Pictou Aquash avait été enlevée et exécutée en 1975 par des membres d’une organisation amérindienne dont faisait partie Leonard Peltier, l’American Indian Movement (AIM).

Le FBI a laissé entendre que Mme Aquash avait été exécutée parce que les dirigeants de l’AIM croyaient qu’elle était une informatrice de la police fédérale, lors d’une période de fortes tensions entre les autorités américaines et les Autochtones qui luttaient pour leurs droits territoriaux.