Des Gaspésiens font une collecte de dons pour Nathalie Normandeau

Un groupe de Gaspésiens a mis sur pied un fonds de défense pour Nathalie Normandeau, se donnant la mission de collecter les dons afin d’aider l’ex-vice-première ministre libérale dans ses démarches juridiques.

L’un des instigateurs du fonds de défense, Fabrice Bourque, a soutenu en entrevue, lundi, que Mme Normandeau était «une amie de tout le monde» en Gaspésie. M. Bourque, qui fut également son président d’association de circonscription pendant huit ans, a fait valoir que les maires, les préfets, les industriels et les militants avaient «fait appel à Nathalie (Normandeau) du temps qu’elle était ministre», et qu’ils ne pouvaient pas la «laisser tomber».

Mairesse de Maria de 1995 à 1998 et députée provinciale de Bonaventure durant plus de 12 ans, Mme Normandeau semble toujours bénéficier du soutien de sa Gaspésie natale, malgré les diverses accusations liées à la corruption pesant sur elle.

Les instigateurs sollicitent des dons de 1000 $ ou moins. Si le montant amassé par le fonds en vient à dépasser les frais encourus par les démarches juridiques de l’ex-politicienne, l’excédent sera transféré à la Fondation communautaire Gaspésie-Les Îles, un organisme à but non lucratif.

M. Bourque a indiqué vouloir amasser un minimum de 300 000 $ pour assurer une «défense pleine et entière» à Mme Normandeau. Il a dit avoir comme objectif de recueillir 150 000 $ d’ici novembre-décembre, et le reste du montant au début de 2017.

Des accusations de complot, corruption, abus de confiance et fraude envers le gouvernement pèsent sur Mme Normandeau à la suite de son arrestation par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), le 17 mars dernier. La femme politique devenue animatrice radio au FM93 poursuit également son ancien employeur, Cogeco, qui l’a suspendue sans solde puis congédiée à la suite de son arrestation.

«Pour nous, Mme Normandeau est innocente. Elle a fait ce qu’elle a fait dans le cadre de ses fonctions de ministre, avec un pouvoir discrétionnaire qu’elle a utilisé. Si on vous donne un pouvoir discrétionnaire, c’est pas pour mettre dans un coffre-fort, pour dire ‘je l’utiliserai pas’. Elle n’a pas pris d’argent public pour s’enrichir ou pour elle personnellement», a dit M. Bourque.

L’ancien président d’association a aussi fait un parallèle avec la situation du sénateur Mike Duffy, disculpé des 31 chefs de fraude, abus de confiance et corruption qui pesaient sur lui.

«Ça ne paraissait pas bien. Tout le monde l’avait crucifié sur la place publique, et finalement, au bout de la ligne, on l’a blanchi complètement», a-t-il fait valoir.

M. Bourque a indiqué que Mme Normandeau avait été mise au courant, et qu’elle était «plus ou moins chaude à l’idée», mais s’était fait convaincre du bien-fondé de la démarche d’aide.

«On savait que Nathalie (Normandeau) n’était pas une personne indépendante de fortune. (…) C’est pas rose pour elle», a ajouté M. Bourque.

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