Groupes transgenres exclus d’une conférence de l’ONU: le Canada inquiet

Les États-Unis, l’Union européenne et le Canada déplorent une tentative d’exclure des groupes représentant les gais et les transgenres d’une conférence de haut niveau des Nations unies sur le sida.

Une lettre de l’Égypte au nom de 51 pays musulmans membres de l’Organisation de la coopération islamique demande que 11 associations ne soient pas autorisées à assister à la conférence le mois prochain. La lettre, datée du 26 avril et obtenue mercredi par l’Associated Press, ne mentionne pas de raisons particulières. Les organisations non-gouvernementales (ONG) concernées sont originaires de l’Égypte, l’Estonie, la Guyanne, la Jamaïque, le Pérou, la Thaïlande, l’Ukraine, les États-Unis, le Kenya et d’ailleurs en Afrique. Tous ces groupes militent pour les droits des gais et lesbiennes et des transgenres.

Dans une lettre destinée au président de l’Assemblée générale, Mogens Lykketoft, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power, a écrit que les groupes semblent avoir été visés en raison de leur engagement envers les homosexuels et les transgenres et a demandé qu’ils soient tous autorisés à prendre part à la conférence.

«Considérant que les personnes transgenres ont 49 fois plus de risques de vivre avec le VIH que le reste de la population, leur exclusion de la rencontre de haut niveau ne fera qu’entraver le progrès mondial de la lutte contre le VIH/sida et l’objectif d’une génération sans sida», stipule la lettre, datée du 13 mai.

Selon la lettre de l’Organisation de la coopération islamique à Mogens Lykketoft, le groupe américain banni de l’évènement est Global Action for Trans Equality.

L’ambassadeur canadien à l’ONU, Michael Grant, a affirmé que le Canada avait aussi envoyé une lettre exprimant les inquiétudes du pays quant à la possibilité que des pays membres puissent exclure des groupes de la société civile d’une conférence sans fournir de justifications. «C’est plutôt préoccupant, surtout avec un sujet comme le VIH/sida», a dit M. Grant.

L’ambassadeur de l’Australie à l’ONU aussi fait parvenir une lettre.

Mercredi, Mogens Lykketoft a répondu aux protestations écrites dans les lettres en disant qu’il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour assurer une participation la plus grande possible. Il a dit que son mandat ne lui permettait pas de divulguer les noms de ceux qui s’opposent à la présence de certains groupes.