Des groupes lancent une nouvelle proposition pour le REM de l’Est

MONTRÉAL — Deux anciens membres du comité d’experts sur le REM de l’Est demandent aux partis politiques provinciaux de se prononcer sur une nouvelle proposition de trajet qui aurait une connexion directe au centre-ville.

Selon Christian Yaccarini, directeur général de la Société de développement Angus, et Christian Savard, directeur général de Vivre en ville, pour que le projet de Réseau express métropolitain (REM) de l’Est soit un projet structurant,il faut absolument relier l’est de Montréal au centre-ville et au reste du réseau.

Toutefois, contrairement au premier projet présenté à l’époque par CDPQ Infra et qui prévoyait plusieurs structures en hauteur au coeur de la métropole, cette nouvelle proposition privilégie le mode souterrain pour cette partie du trajet.

«Ce qu’on présente, c’est une bonification du projet de REM qui est actuellement étudié. Avec une branche commune souterraine vers le centre-ville et des connexions avec la ligne orange, avec la ligne verte et à la gare centrale pour relier directement l’est de Montréal au cœur de la métropole et au cœur des réseaux de transport», a résumé Christian Savard, qui invite les partis politiques à prendre une position  claire sur la question.

«On veut que les partis politiques s’engagent à faire ce projet-là ou minimalement à l’ajouter au mandat du comité qui est en place», a indiqué le directeur général de Vivre en ville lors d’une rencontre avec les médias jeudi matin à Montréal.

Le REM de l’Est devait, à la base, relier l’est de l’île au centre-ville en utilisant un tracé aérien sur la majorité de son parcours. La promesse: se rendre de Pointe-aux-Trembles au centre-ville en 25 minutes.

Mais en raison de nombreuses critiques, provenant notamment de l’administration de la mairesse Valérie Plante et de partis d’opposition à Québec, le projet a été retiré des mains de CDPQ Infra, la branche immobilière de la Caisse de dépôt et placement du Québec, et le gouvernement du Québec en a confié  les rênes à quatre entités: la Régie des transports métropolitains, la Société de transport de Montréal, le ministère des Transports du Québec et la Ville de Montréal.

Trois branches

La proposition de la Société de développement Angus et de Vivre en ville comporte trois branches.

La branche Est relierait Pointe-aux-Trembles au centre-ville par un train léger, qui serait, en grande partie, sur des structures en hauteur. Le parcours serait le même que le REM de la CDPQ, sauf qu’il remonterait au nord pour se connecter à la  ligne verte au métro l’Assomption et continuerait vers la branche commune jusqu’à l’hôpital Maisonneuve- Rosemont, en ayant la possibilité d’un prolongement vers Lanaudière.

La branche Nord, qui utiliserait un tracé sous-terrain, aurait le même parcours que le REM de la CDPQ, sauf qu’elle bifurquerait vers la branche commune à l’hôpital à Maisonneuve-Rosemont. 

Les branches Est et Nord se rejoindraient à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont pour continuer vers l’ouest dans Rosemont et sur le Plateau-Mont-Royal. «La branche commune» se dirigerait ensuite au sud vers le centre-ville, en tracé sous-terrain, en se connectant à la ligne orange à la station Sherbrooke et à la ligne verte à la station Saint-Laurent et à la Gare centrale.

L’Hôpital Maisonneuve-Rosemont servirait donc de point central pour relier la branche de l’est et celle du nord au centre-ville, «à peu près entre la ligne verte et la ligne bleue», a précisé Christian Savard. 

Ce choix s’imposait selon lui, car l’hôpital est le «plus grand générateur de déplacement de l’est de Montréal» et il est mal desservi par le transport en commun actuellement.  

«Nous mettons sur la table un projet structurant et ambitieux qui assure une grande couverture géographique de l’Est, notamment auprès de clientèles mal desservies à l’heure actuelle, et un lien direct avec le cœur de la métropole. Le nouveau REM de l’Est donnerait toute l’impulsion souhaitée afin d’accélérer la revitalisation et le développement du territoire, tant dans une perspective économique que de transition sociale et écologique», a indiqué le directeur général de Vivre en ville.

Agir rapidement

Selon les deux experts, cette nouvelle proposition répond à l’appel d’une vingtaine d’organisations et de personnalités qui publiaient une lettre ouverte en mai dernier pour guider le développement d’un projet de transport structurant sur le territoire de l’est de Montréal. 

Selon les signataires, il faut «agir rapidement en s’appuyant sur les travaux de la CDPQ afin de livrer le projet» d’ici 10 ans.

La Chambre de commerce de l’Est de Montréal fait partie des organisations signataires de la lettre ouverte et elle salue la nouvelle proposition.

«À la lumière de cette proposition, nous invitons le gouvernement à modifier le mandat du comité (ARTM, STM MTQ et Ville de Montréal) afin qu’il puisse inclure l’analyse du déploiement d’un lien direct au centre-ville à l’image du tracé exposé ce matin», a indiqué Jean-Denis Charest, président-directeur général de la chambre.

Des coûts évalués à plus de 10 milliards $

Le projet qui avait été présenté par la CDPQ Infra était estimé à 10 milliards $. Celui proposé jeudi dépasserait «fort probablement» cette somme, selon Christian Savard.

«Je ne crois pas qu’on doive planifier le transport en commun en fonction d’un chiffre, mais plutôt en fonction des besoins», a fait valoir le directeur général de Vivre en ville, en ajoutant que «si ça coûte cher, c’est parce qu’on a négligé le transport en commun pendant des années».

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