Des groupes religieux conservateurs espèrent s’entendre avec Biden

WASHINGTON — Les chrétiens évangéliques conservateurs ont figuré parmi les plus fidèles alliés de Donald Trump au cours de sa présidence. Maintenant que celle-ci tire à sa fin, certains d’entre eux abordent l’arrivée du président-élu Joe Biden avec scepticisme, mais sans animosité.

Si plusieurs n’ont pas encore reconnu entièrement la victoire de Joe Biden, ils refusent de faire écho aux accusations sans fondement lancées par Donald Trump voulant que le démocrate fût «contre Dieu».

Le pasteur texan Robert Jeffress, un fidèle propagandiste du président défait, reconnaît que les chrétiens «devront prier pour celui qui semble être le président-élu: Joe Biden».

Il a fait remarquer que «si M. Biden réussissait, c’est tous les États-Unis qui réussiraient».

S’il s’est dit «profondément déçu» par la défaite apparente d’un homme qu’il considère comme «un ami», il répondra favorablement à toute tentative d’approche de M. Joe Biden. La possibilité que les opinions du président-élu «soient éloignées des positions extrémistes [d’autres démocrates est] un plus non seulement pour les chrétiens conservateurs, mais pour tous les États-Unis», juge le pasteur.

Il est hautement improbable que les conservateurs chrétiens puissent développer une relation étroite avec Joe Biden, lui qui soutient notamment le droit à l’avortement. Cependant, l’absence d’un ton combatif de la part des conservateurs religieux pourrait créer un terrain d’entente entre le président élu catholique et d’autres chrétiens évangéliques qui ne se sont pas liés aussi directement à Trump.

«Si Joe Biden est le président, nous devons faire tout ce que nous pouvons pour le soutenir, là où nous le pouvons», a déclaré le révérend Franklin Graham dans une récente interview.

Les chrétiens conservateurs ont exercé peu d’influence sur le programme de l’administration de Barack Obama. Ils s’attendent à jouer un rôle secondaire similaire sous la présidence de Joe Biden.

Le président du Family Research Council, Tony Perkins, a dit que s’il était invité à la Maison-Blanche, il s’y rendrait certainement «pour avoir une conversation et représenter les points de vue de nos électeurs».

«Toutefois, je ne compte pas sur des invitations pour ceux qui ont des vues bibliques traditionnelles sur la vie, la liberté religieuse et la sexualité humaine.»

Les chrétiens conservateurs ne manquent pas de conflits potentiels avec la nouvelle administration. Joe Biden est susceptible d’annuler l’interdiction de Donald Trump sur l’aide étrangère américaine aux groupes qui soutiennent l’avortement. Il s’est aussi engagé à agir rapidement les droits des LGBTQ, une mesure qui a suscité les critiques des principaux conservateurs religieux.

Marjorie Dannenfelser, présidente de la Susan B.Anthony List et conseillère catholique de la campagne de réélection de Trump, ne fonde que peu d’espoir de faire changer d’avis Joe Biden sur l’avortement. Elle prévoit «des combats au corps à corps jusqu’à ce que [les conservateurs religieux reprennent] la présidence.»

Cependant, certains groupes, comme celui dirigé par M. Perkins, peuvent trouver des occasions de collaborer avec une administration Biden tout en restant critiques à son égard, dit l’auteur Napp Nazworth, qui avait démissionné de la revue Christian Post après la publication d’un éditorial pro-Trump.

«Ils vont demander à leurs ouailles leur soutien en disant que leur liberté religieuse est en danger», mentionne-t-il.

Mais d’autres groupes religieux, qui ne sont pas étroitement associés à Donald Trump, identifient déjà des points communs avec lesquels ils pourront travailler avec une administration Biden.

Ainsi, son projet de porter le plafond annuel d’admissions de réfugiés à 125 000 pourrait en séduire certains.

Nathan Bult, vice-président président de Bethany Christian Services, dit s’être engagé avec l’équipe de transition de M. Biden sur la politique de protection de l’enfance.

M. Bult concède que son groupe avait collaboré avec l’administration Trump, mais qu’il n’avait jamais hésité à le critiquer. «Nous traiterons l’administration Biden de la même manière.»

Galen Carey, vice-président des relations gouvernementales à la National Association of Evangelicals, voit plusieurs domaines où il pourra collaborer avec l’administration Biden, notamment l’immigration, les congés familiaux payés et la réforme de la justice pénale.

«Nous avons des principes qui, à notre avis, devraient plaire à tous les Américains, souligne M. Carey. Nous aimerions être une force constructive pour le bien commun.»

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