Des Guinéens manifestent à Montréal contre un éventuel autre mandat du président

MONTRÉAL — Plus d’une centaine de Canadiens originaires de Guinée sont descendus dans les rues de Montréal, samedi, pour dénoncer le président Alpha Condé qui cherche à se maintenir à la tête de ce pays de l’Afrique de l’Ouest.

Des membres de la diaspora se sont rassemblés samedi à proximité du centre-ville de la métropole québécoise, imitant leurs dizaines de milliers de compatriotes qui ont déferlé dans les rues de la capitale guinéenne deux jours plus tôt. Des Canado-Guinéens ont également manifesté à Ottawa la semaine dernière.

Hamidou Bah, coordinateur canadien du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), explique que la coalition s’oppose au projet de révision constitutionnelle du président Condé, qui cherche à se donner accès à un troisième mandat.

M. Bah dit avoir envoyé plus d’une dizaine de courriels à des élus canadiens pour leur demander d’intervenir afin de préserver les acquis démocratiques et prévenir davantage de violence.

Alpha Diallo, un conseiller financier établi au Canada depuis dix ans, indique que la tourmente qui sévit dans son pays natal a coûté la vie à son cousin plus tôt cette année.

«Il a eu une balle dans la tête, s’indigne-t-il. C’est l’anarchie totale dans le pays.»

Au moins neuf personnes ont été tuées la semaine dernière à Conakry et les hôpitaux de la capitale ont été submergés de blessés par balle.

Le mandat d’Alpha Condé doit se conclure en décembre 2020, mais il demande la tenue d’un référendum qui pourrait lui permettre de conserver son poste cinq ans de plus.

Son élection en 2010 faisait suite à deux ans de régime militaire et à près de 25 ans sous le président autoritaire Lansana Conté, décédé en 2008.

La semaine dernière, un tribunal de la capitale guinéenne a condamné cinq opposants, dont le chef de la FNDC, à des peines de prison pour avoir appelé à des manifestations contre les manoeuvres du président.

«Nous sommes ici pour défendre notre constitution, car il y a une réelle injustice dans notre pays», a lancé Hawa Diallo, à Montréal.

«Ici, nous pouvons marcher la peur d’être violentés, nous pouvons marcher la peur d’être tués», a souligné la manifestante trentenaire.

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