Des investissements bienvenus pour régler les problèmes d’eau chez les Autochtones

OTTAWA — La communauté mohawk de Tyendinaga, en Ontario, agrandit son réseau d’aqueduc pour fournir de l’eau potable à des centaines de résidents qui doivent suivre depuis plus d’une décennie sept avis d’ébullition de l’eau.

La communauté, installée sur le lac Ontario, près de l’autoroute 401, entre Toronto et Montréal, n’est ni éloignée ni isolée. Le chef, R. Donald Maracle, explique que sa communauté souffre d’un manque d’eau potable depuis 2008, en raison de contaminations par coliformes fécaux, bactéries et algues. Une sécheresse régionale a aussi complètement asséché de nombreux puits souterrains en 2017.

«Nous faisons des progrès importants pour répondre aux récurrents besoins en eau de notre communauté», a déclaré le chef Maracle en entrevue avec La Presse Canadienne.

Il a déclaré que la construction de huit kilomètres de conduites avait commencé lorsque sa communauté a reçu 16,7 millions $ d’Ottawa pour le projet d’infrastructure.

Le premier ministre Justin Trudeau déclarait dans une entrevue de fin d’année à La Presse Canadienne, en décembre, qu’il n’avait réalisé que récemment que son gouvernement ne tiendrait pas sa promesse de longue date de lever tous les avis d’ébullition de l’eau dans les communautés autochtones d’ici mars 2021. Il expliquait notamment que les restrictions sanitaires liées à la pandémie de COVID-19 avaient bloqué l’accès à certaines communautés.

Selon Ottawa, 58 avis à long terme concernant la qualité de l’eau potable touchent toujours 40 communautés des Premières Nations du pays.

Le chef Maracle indique aussi que la pandémie a perturbé les chaînes d’approvisionnement des fabricants, qui devenaient peu fiables pour les projets d’infrastructure. Le coût du projet de conduites principales d’eau est ainsi passé d’environ 8,1 millions $ à 18,2 millions $, a-t-il dit. 

«Les Autochtones ont cédé énormément de terres et de ressources, ce qui est à la base de l’économie de ce pays», a-t-il déclaré. «Les provinces et le gouvernement fédéral en bénéficient, alors pourquoi les Premières Nations ne devraient-elles pas avoir de l’eau potable salubre et un logement convenable?»

Environ 2200 personnes vivent dans la réserve et 3000 autres à proximité. Selon le chef Maracle, 90 familles sont sur une liste d’attente pour un logement abordable. «Il n’y a pas d’autres maisons disponibles dans les environs», a-t-il soutenu.

Services aux Autochtones Canada a annoncé le nouveau financement du projet en décembre dernier, affirmant que l’argent couvrirait le coût de l’extension des conduites principales d’eau à Tyendinaga.

Le ministère espérait que projet permettrait de lever cinq avis à long terme sur l’eau potable d’ici l’automne prochain.

Le nouveau financement permettra à la communauté de terminer la troisième phase d’un projet lancé il y a des années. Tout a commencé avec une usine de traitement des eaux de 26,7 millions $, puis 13 millions $ pour un réservoir d’eau surélevé et des conduites d’eau l’an dernier.

Le chef Maracle a déclaré que l’eau des puits du rivage était contaminée par un type d’algues toxiques depuis des années. «Nous pensons que cela est directement lié au changement climatique, car les proliférations d’algues bleu-vert sont devenues plus persistantes et pires ces dernières années.»

Selon le chef, une nouvelle conception et un nouveau financement seront nécessaires pour construire de nouvelles conduites d’eau et un réservoir de rétention près du rivage afin de lever les deux derniers avis d’ébullition; ces travaux prendront probablement des années. 

____

Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses de Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

Laisser un commentaire