Des jeunes se lèvent à travers le monde pour le climat

NEW YORK — Des jeunes préoccupés pour leur avenir ont manifesté à travers le monde entier, vendredi, pour implorer leurs dirigeants de s’attaquer aux changements climatiques. Ils ont été des centaines de milliers de manifestants à marteler que l’enjeu du réchauffement planétaire ne peut plus attendre.

Des marches et des rassemblements ont pris place de Canberra à Kaboul, en passant par Le Cap et New York. Plus de 100 000 jeunes sont descendus dans la rue à Berlin seulement.

À quelques jours du sommet des Nations Unies sur le climat à New York, cette «grève mondiale» a pris la forme d’événements petits et grands. À Séoul, en Corée du Sud, une vingtaine de militants ont eu recours à des lampes de poche pour transmettre des messages en code morse, tandis que des rassemblements monstres ont marqué l’histoire en Australie, où l’on n’avait pas assisté à des manifestations d’aussi grande envergure depuis le début de la guerre d’Irak en 2003, selon les organisateurs.

«Vous êtes du bon côté de l’histoire. Continuez à nous pousser à faire ce qui est juste», a déclaré le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, dans un message adressé aux jeunes manifestants sur Twitter.

À New York, les écoles publiques ont permis aux élèves de sécher les cours avec l’autorisation de leurs parents. Des dizaines de milliers de manifestants, pour la plupart des jeunes, ont défilé à Manhattan, faisant brièvement fermer certaines rues.

À Paris aussi, des adolescents et des enfants âgés d’âge primaire ont aussi choisi de troquer les bancs d’école contre la rue.

Des manifestations plus modestes ont eu lieu en Asie, notamment au Japon, aux Philippines, à Hong Kong et en Inde. À Kaboul, en Afghanistan, un véhicule blindé a été déployé pour protéger une centaine de manifestants, menés par un groupe de jeunes femmes.

Ces rassemblements ont en partie été inspirés par l’adolescente suédoise Greta Thunberg, qui organise depuis un an des manifestations hebdomadaires baptisées «Vendredis pour l’avenir».

«Je n’aurais jamais prédit ou cru que ceci allait arriver, et si vite, en seulement 15 mois», a reconnu la jeune militante en entrevue avec l’Associated Press à New York.

Le monde s’est déjà réchauffé d’environ 1 degré Celsius depuis la révolution industrielle, et les scientifiques attribuent plus de 90 pour cent de cette augmentation aux émissions de gaz à effet de serre provenant de la consommation de combustibles et d’autres activités humaines.

Les experts préviennent que le réchauffement climatique exposera la Terre à une montée des eaux et à un nombre grandissant de vagues de chaleur, de sécheresses, de tempêtes et d’inondations — des phénomènes qui se font déjà sentir.

Les pays signataires de l’accord de Paris, conclu en 2015, se sont engagés à limiter autant que possible le réchauffement planétaire à 1,5 degré Celsius par rapport aux niveaux préindustriels.

Mais un bilan des mesures annoncées par les membres du G7 a révélé le mois dernier qu’aucun de ces pays riches n’est sur la bonne voie. Le rapport du Réseau action climat place d’ailleurs le Canada au bas de la liste du G7, avec les États-Unis et le Japon. Selon ce collectif d’ONG, l’application des politiques climatiques de ces trois pays conduirait à un réchauffement de 4 degrés Celsius,

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