Des leaders d’affaires plaident pour des cibles de parité dans les c.a.

TORONTO — Le plus important organisme de règlementation des valeurs mobilières au pays affirme que le temps pourrait être venu de renforcer ses mesures pour que les conseils d’administration comptent davantage de femmes, après des avancées très minces au cours des trois dernières années. Certains leaders d’affaires avaient précédemment réclamé que les entreprises soient obligées d’établir des cibles spécifiques.

Lors d’une table ronde à Toronto, mardi, la présidente de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (CVMO), Maureen Jensen, a indiqué que les progrès étaient lents, les femmes occupant seulement 14 pour cent des sièges au sein des conseils d’administration, comparativement à 11 pour cent en 2015.

Mme Jensen a souligné que trois années avaient passé depuis la mise en vigueur de la règle «se conformer ou s’expliquer», qui exige de la plupart des entreprises inscrites à la Bourse de Toronto qu’elles dévoilent annuellement combien de femmes siègent à leur conseil et dans des postes de cadre supérieur.

La présidente a affirmé qu’il pourrait être temps d’appuyer cette règle avec des directives, ou de revoir les articles existants et possiblement d’adopter d’autres mesures réglementaires, notamment pour accroître la divulgation.

Au rythme des trois dernières années, il faudrait trois décennies pour atteindre la parité entre les hommes et les femmes dans les conseils d’administration, a soutenu Mme Jensen.

La CVMO n’a pas l’autorité d’imposer une cible spécifique ou un quota — cela reviendrait aux autorités gouvernementales —, mais l’organisme de règlementation peut contraindre les entreprises à adhérer à certaines exigences de divulgation.

La vice-présidente et chef de Gouvernance et investissement responsable chez RBC Gestion mondiale d’actifs, Judy Cotte, a recommandé, comme plusieurs autres participants à la discussion, que la CVMO inscrive dans ses directives sur la gouvernance l’établissement par les entreprises d’un objectif spécifique de diversité de genre.

«Les entreprises devraient établir une cible et dévoiler les progrès faits envers cette cible. Cela leur permet tout de même de fixer un objectif qui est approprié pour eux, tant au niveau de la direction que du conseil d’administration, mais je crois que cela enverrait un message très puissant», a fait valoir Mme Cotte.

Le président de la formation de capital du Groupe TMX, Ungad Chadda, a aussi affirmé que pousser les entreprises à établir des cibles représentait «la prochaine étape logique».