Des maisons endommagées par les crues au N.-B. ne pourront jamais être rebâties

FREDERICTON — Les victimes des récentes inondations printanières au Nouveau-Brunswick risquent de ne pas pouvoir reconstruire leur maison au bord de l’eau — ou alors elles pourraient reconstruire, mais seulement en adoptant certaines mesures de mitigation, comme le rehaussement du bâtiment.

Les inondations printanières destructrices du printemps le long du fleuve Saint-Jean et d’autres cours d’eau du Nouveau-Brunswick ont poussé les autorités à adopter certaines mesures afin de prévenir de tels dommages à l’avenir. Ryan Donaghy, du ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux, a ainsi expliqué lundi aux journalistes que les propriétaires devront démontrer qu’ils adoptent des mesures d’atténuation avant d’obtenir un permis de bâtir près d’un cours d’eau.

«Nous demandons aux propriétaires fonciers de soumettre des plans qui prévoient de nouvelles mesures d’atténuation ou de conception avant que le permis soit délivré», a déclaré M. Donaghy.

Environ 12 000 propriétés ont été touchées par les inondations entre la fin avril et la mi-mai; de ce nombre, des dizaines de maisons ne pourront jamais être simplement réparées.

Les règlements exigent que quiconque a l’intention d’effectuer des travaux à moins de 30 mètres d’un cours d’eau ou d’une terre humide obtienne d’abord un permis, a déclaré M. Donaghy. «Nous travaillons avec (les propriétaires) pour trouver si possible des options de construction à l’écart des cours d’eau ou des zones humides. Sinon, les plans soumis devront comporter des mesures contre les inondations.» Et ce sont les niveaux d’inondation de 2018 qui deviennent la référence pour élaborer ces mesures préventives.

Selon M. Donaghy, certains propriétaires pourraient avoir à rehausser leur maison, tandis que d’autres ne seront même pas autorisés à rebâtir au même endroit. «Cela dépend vraiment de vos options: allez-vous réparer ou reconstruire?»

Le mois dernier, le ministre de l’Environnement, Andrew Harvey, déclarait que les nouveaux règlements de construction ne constituent qu’un point de départ de la stratégie gouvernementale: des changements plus importants aux règlements municipaux et aux règlements de zonage doivent être envisagés à la suite de cette deuxième inondation majeure en dix ans, prévenait-il.

«Au fil du temps, ce sont des décisions qui vont devoir être prises au sujet du zonage et de l’endroit où les gens construisent», a-t-il dit. «Ce sont des décisions difficiles qui devront être prises (…) et nous, en tant que gouvernement, nous devrons un jour nous pencher sur la question du zonage.»

Selon le bilan dressé par le gouvernement, 2627 personnes se sont inscrites pour obtenir des dédommagements dans le cadre du programme d’aide financière en cas de catastrophe. Lisa Munn, gestionnaire des services de rétablissement de l’Organisation des mesures d’urgence du Nouveau-Brunswick, a indiqué que de 50 à 60 maisons ne sont pas réparables. Dans certains cas, la province achètera les maisons et les propriétés, et personne ne pourra plus jamais reconstruire à cet endroit.

Selon Allie Murchison, coordonnatrice de la gestion des urgences à la Croix-Rouge canadienne, au moins 71 personnes demeurent toujours dans des logements temporaires, tandis que d’autres résident encore chez des proches.

Le ministère des Transports affirme que les principaux réseaux de transport ont tous été rétablis, mais il existe encore un certain nombre de détours et cinq routes demeurent fermées. Pendant ce temps, les responsables agricoles ont déclaré que tous les fermiers touchés par les inondations estiment pouvoir semer cette année.