L’Assomption est envahie par des centaines de manifestants bruyants, mais pacifiques

MONTRÉAL — Au-delà d’un millier de manifestants opposés aux mesures de la Santé publique pour lutter contre la pandémie de COVID-19 se sont donné rendez-vous, samedi, à L’Assomption, devant le bureau decirconscription du premier ministre sortant, François Legault.

Partis de l’école secondaire Paul-Arseneau, à près de trois kilomètres de leur destination, les marcheurs ont paralysé la petite municipalité, surtout au moment de leur arrivée sur les lieux en voiture causant une congestion comme l’Assomption, qui compte 22 000 âmes, n’en a probablement jamais vu.

La venue de ces manifestants, qui répondaient à l’appel des organisateurs du convoi «Dehors la CAQ» a obligé le maire Sébastien Nadeau à mettre la ville sur pause, les activités culturelles et sportives étant annulées pour la journée.

«Je trouve déplorable qu’un maire d’une ville aille dire à ses gens de rester chez eux, de fermer les commerces quand ça fait deux ans et demi qu’on est dans la rue et qu’on l’a toujours fait pacifiquement», a déclaré à La Presse Canadienne un homme s’identifiant comme ‘Ti-Dré l’édenté, chef du Parti de marde’.

«Il n’y a jamais eu de violence, jamais, jamais, aucun incident majeur qui s’est produit, même à Ottawa. Je trouve ça très déplorable que le monde utilise la peur et malheureusement les médias embarquent là-dedans», a-t-il ajouté.

Ces manifestants, dont les pancartes réclamaient surtout le départ de la CAQ et de François Legault, mais qui rendaient aussi hommage à la mémoire des personnes décédées dans les CHSLD, voulaientdénoncer la gestion de la pandémie de la COVID-19 par le gouvernement caquiste au cours des deux dernières années. Certains voulaient aussi dénoncer les médias qu’ils jugent défavorables à leur thèse. «Defund the Media», pouvait-on lire sur la cape d’un d’entre eux.

«Je suis ici pour une seule raison: les 6700 morts dans les CHSLD qui ont été laissés là tout seuls, sans personne pour s’en occuper parce qu’ils ont enlevé le droit d’entrer. Juste ça, c’est assez», nous a déclaré l’un de ces manifestants, Patrick Gagnon.

Une autre, Michelle Sergerie, a dit être présente «pour la liberté de tout le monde surtout, le droit de prendre nos propres décisions, que ce soit la vaccination, peu importe. Pas de jugement, peu importe les décisions que l’on prend et c’est vraiment important qu’on se tienne tous pour ça».

Un autre, qui s’est simplement identifié comme Sylvain, a expliqué être là «pour nos enfants, notre liberté. On veut reprendre nos choses à nous autres, ça nous appartient et notre choix, c’est notre choix et notre opinion est importante. On est pacifiques, on aime le monde, on est là pour l’amour et on fait ça pour nos enfants, pour nos personnes âgées qui sont mortes, qu’on nous a dit qu’elles sont mortes de la COVID, mais dans le fond qui sont mortes parce qu’elles avaient la face dans leur manger et qu’elles sont à moitié mortes dans leur marde», a-t-il affirmé avec conviction.

La Sûreté du Québec était venue prêter main-forte à la police municipale de L’Assomption/Saint-Sulpice. La présence policière était très importante et lançait un message clair quant à tout éventuel débordement.

De passage à Montréal en fin de journée pour un rassemblement dans l’Ouest de l’Île, le chef conservateur Éric Duhaime, s’est dit «très heureux» du déroulement de la manifestation: «D’abord, les gens ont exprimé leurs opinions. C’est important en démocratie que les gens puissent manifester», M. Duhame, qui avait lancé un appel au calme la veille, s’est aussi réjoui du caractère pacifique de la manifestation: «Je pense qu’ils ont aidé la cause qu’ils voulaient défendre. Ils ont marqué un point aujourd’hui et ç’aurait pu être totalement le contraire.»

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