Des manifestants bloquent la Transcanadienne entre la N.-É. et le N.-B.

HALIFAX — Au terme d’une réunion des premiers ministres des quatre provinces de l’Atlantique pour discuter mercredi du blocus de la route transcanadienne à la frontière entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, une solution serait à l’étude. De son côté, la police espérait faire entendre raison aux manifestants pour rouvrir la Transcanadienne.

Les manifestants sont mécontents de la décision du gouvernement de la Nouvelle-Écosse d’exclure le Nouveau-Brunswick lorsqu’il a levé mercredi les exigences de quarantaine pour les résidents des deux autres provinces de l’Atlantique, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador. Les voyageurs du Nouveau-Brunswick sont soumis quant à eux à des exigences de quarantaine en fonction de leur statut vaccinal et des résultats des tests de dépistage.

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Iain Rankin, a déclaré que ces mesures supplémentaires étaient nécessaires en raison de la décision du Nouveau-Brunswick, la semaine dernière, de permettre à tous les voyageurs canadiens qui ont reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19 d’entrer dans cette province sans avoir à s’isoler.

À la fin de la rencontre des premiers ministres, le chef du gouvernement du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a dit avoir offert aux autres provinces de partager avec elles les informations recueillies auprès des visiteurs canadiens qui entrent sur son territoire.

«On leur demande de s’enregistrer et de fournir une preuve vaccinale, puis on leur donne toute l’information disponible sur les règles en vigueur et on le fait aussi pour toutes les autres provinces de l’Atlantique et leurs règles respectives», a plaidé M. Higgs.

«On peut fournir à la Nouvelle-Écosse les noms de ceux qui se dirigent vers chez eux et ils pourront communiquer avec eux pour les faire passer un test de dépistage ou les forcer à s’isoler. Cela ne devrait pas avoir d’impact sur le fonctionnement de la bulle atlantique et le reste d’entre nous devrait pouvoir circuler librement», a renchéri le premier ministre néo-brunswickois.

Son homologue de la Nouvelle-Écosse, Iain Rankin, l’aurait assuré qu’il prendrait le temps d’étudier cette proposition sans s’engager à fournir une réponse dans un quelconque délai.

Des travailleurs essentiels refoulés 

Un porte-parole de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a indiqué mercredi que la Transcanadienne avait été fermée dans les deux directions pendant la nuit, lorsqu’une manifestation qui avait commencé mardi à la sortie 7, près de Cobequid Pass, s’est déplacée vers la zone frontalière à l’extérieur d’Amherst, en Nouvelle-Écosse.

Le caporal Chris Marshall recommandait mercredi aux automobilistes d’éviter ce secteur, qui est l’un des seuls points d’entrée entre les deux provinces.  

Ce blocus a causé un énorme bouchon de circulation et a entraîné l’annulation de plus d’une centaine de rendez-vous médicaux.

Le caporal Marshall a indiqué toutefois que les discussions se poursuivaient entre les policiers et les manifestants, obtenant de ces derniers une certaine ouverture.

«Quelques camions avec des biens essentiels ont pu passer ainsi que quelques travailleurs essentiels, mais nous poursuivons le dialogue», a indiqué le porte-parole de la GRC en entrevue.

«Nous poursuivons le dialogue avec les manifestants dans l’espoir de résoudre ce conflit pacifiquement», a-t-il ajouté.

Bethany McCormick, vice-présidente des opérations pour la zone nord de l’agence Nova Scotia Health, a déclaré que les services de l’hôpital régional Cumberland à Amherst avaient été touchés parce qu’un certain nombre d’employés et de médecins qui vivent au Nouveau-Brunswick n’avaient pas pu se présenter au travail. Elle a déclaré que la pénurie de personnel avait entraîné l’annulation de 120 rendez-vous à la clinique pour des services tels que la consultation externe, la collecte de sang et l’imagerie diagnostique.

Le maire d’Amherst, David Kogon, a expliqué que des résidents de la région s’attendaient à pouvoir visiter leur famille et leurs amis et faire des affaires au Nouveau-Brunswick dès le 23 juin. Il a déclaré avoir parlé avec M. Rankin par téléphone mercredi matin, et le premier ministre l’aurait assuré que ces restrictions ne resteraient que jusqu’à la réouverture prévue des frontières de la Nouvelle-Écosse aux voyageurs du reste du Canada le 30 juin.

Lors d’un point de presse, mardi, le docteur Robert Strang, médecin-hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, avait déclaré que les restrictions pour les voyageurs du Nouveau-Brunswick seraient probablement réévaluées la semaine prochaine.

Les responsables de la santé du Nouveau-Brunswick signalaient mercredi un nouveau cas de COVID-19, une personne de 90 ans dans la région de Bathurst, qui est un contact d’un cas déjà signalé. On comptait 43 cas actifs dans la province, le bilan le plus bas depuis la mi-mars. Cinq personnes sont hospitalisées à cause de la COVID-19, dont deux aux soins intensifs.

En Nouvelle-Écosse, on ne signalait aucun nouveau cas mercredi. La province comptait 60 cas actifs, avec trois personnes hospitalisées, dont une aux soins intensifs.

Les deux autres provinces

À Terre-Neuve-et-Labrador, les responsables de la santé affirment que la province est sur la bonne voie pour commencer à accueillir des voyageurs vaccinés du reste du Canada le 1er juillet, lors de la réouverture de la «bulle atlantique».

La médecin hygiéniste en chef, Janice Fitzgerald, n’a signalé mercredi aucun nouveau cas dans la province, qui compte actuellement 13 cas actifs.

La docteure Fitzgerald a indiqué que 76 % des résidents admissibles avaient reçu leur première dose d’un vaccin, mais seulement un peu plus de 10% sont pleinement immunisés. Et à ceux qui retardent leur réservation parce qu’on leur propose un vaccin différent en deuxième dose, elle assure que le Pfizer et le Moderna sont deux vaccins à ARNm et qu’ils sont tout aussi efficaces et interchangeables.

Dans l’Île-du-Prince-Édouard, les vaccins sont maintenant disponibles dans 14 pharmacies supplémentaires, grâce à une augmentation des approvisionnements. Le vaccin Moderna est maintenant disponible dans 26 pharmacies de l’Île pour toute personne âgée de 18 ans et plus qui n’a pas encore reçu sa première dose.

La médecin hygiéniste en chef, Heather Morrison, affirme que l’objectif est de faire vacciner complètement 80 % des insulaires admissibles. Toute personne âgée de 12 ans et plus peut également réserver sa première dose dans les cliniques de vaccination.

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