Des manifestants pro-Trump se rassemblent à l’extérieur des centres de dépouillement

Les manifestants pro-Trump — certains d’entre eux portant ouvertement des fusils et des armes de poing — se sont rassemblés vendredi devant les centres de dépouillement des votes dans quelques villes du pays, réagissant aux affirmations sans fondement du président Donald Trump selon lesquelles les démocrates tentaient de voler l’élection.

Les responsables électoraux de plusieurs États américains ont admis s’inquiéter de la sécurité de leurs employés, alors que se multiplient les menaces et les rassemblements de partisans en colère.

Environ 100 partisans du président Trump se sont réunis pour une troisième journée consécutive devant le centre électoral de Phoenix, où des centaines de travailleurs traitaient et comptaient les bulletins de vote.

«Arrêtez les employés électoraux!», scandait la foule, exigeant quatre ans de plus pour Donald Trump. Les shérifs adjoints ont gardé les manifestants dans une zone de «liberté d’expression», loin de l’entrée du bâtiment.

«En commençant à vérifier certaines de ces listes électorales, leur fraude peut être révélée», a déclaré le militant conservateur Charlie Kirk devant la foule, suscitant des acclamations.

À Detroit, des dizaines de partisans du président sont retournés dans les rues à l’extérieur du centre des congrès de la ville, où les travailleurs électoraux comptaient les bulletins de vote.

«Arrêtez le vol!» scandaient les manifestants. La police a bouclé les rues menant au bâtiment et a surveillé de près la manifestation.

Le trésorier du comté de Detroit, Eric Sabree, dit avoir fermé son bureau en raison de menaces. Dans un communiqué, M. Sabree a déclaré que la décision avait été prise «dans l’intérêt de la sécurité des contribuables et de notre personnel» et en raison «d’informations crédibles» provenant du bureau du shérif.

À Philadelphie, deux hommes avec des armes de poing ont été arrêtés jeudi soir près du centre des congrès où se déroulait le décompte des voix qui pourrait décider de la course à la Maison Blanche.

Les hommes, âgés de 42 et 61 ans, n’avaient pas de permis pour porter les armes en Pennsylvanie, a déclaré la police. Un fusil de style militaire sans numéro de série a été retrouvé à l’intérieur de leur véhicule avec des munitions, a déclaré la commissaire de police Danielle Outlaw. La voiture avait un autocollant à l’effigie de la théorie du complot QAnon.

«Je peux vous dire que ma femme et ma mère sont très inquiètes pour moi», a dit Joe Gloria, le greffier du comté de Clark, dans le Nevada, qui englobe Las Vegas. Il a indiqué que la sécurité a été renforcée et qu’on surveille les véhicules qui entrent et qui sortent du site où sont dépouillés les bulletins.

Il a ensuite prévenu que ses collègues et lui ne cesseront «pas de faire notre devoir en comptant les votes». Une centaine de partisans du président s’alignaient le long de la route, devant le centre électoral de Las Vegas.

La procureure générale du Michigan, Dana Nessel, a demandé sur Twitter de «cesser les appels téléphoniques menaçants ou harcelants» que reçoit son personnel.

«Leur demander de s’enfoncer (un crayon) dans un endroit inconfortable n’est jamais approprié et est un commentaire bien triste sur l’état de notre nation», a écrit la démocrate. Elle faisait référence à une théorie du complot selon laquelle on aurait demandé aux partisans de M. Trump de remplir leurs bulletins avec un crayon Sharpie pour empêcher les machines de les lire et de les comptabiliser.

Sur internet, Facebook a banni un groupe imposant appelé «Cessez le vol» que les partisans de M. Trump utilisaient pour organiser des manifestations contre le dépouillement. Certains membres prônaient un recours à la violence, tandis que d’autres prétendaient faussement que les démocrates étaient en train de voler l’élection.

Le groupe comptait plus de 350 000 membres quand Facebook l’a fermé.

Laisser un commentaire