Des manifestations pour la régularisation des sans-papiers dans plusieurs villes

MONTRÉAL — Une trentaine d’organismes se sont mobilisés dimanche après-midi dans quatre villes du Québec pour réclamer la régularisation des personnes sans-papiers.

Ces rassemblements à Montréal, Québec, Saguenay et Sherbrooke ont lieu un mois après que le ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser, eut annoncé que le gouvernement préparait un programme de régularisation massif.

«Ce qu’on revendique, c’est une mise en place d’un programme de régularisation véritablement inclusif», a indiqué le porte-parole du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants Cheolki Yoon en entrevue téléphonique.

Il a dit craindre une répétition du programme des anges gardiens, qui permettait à des demandeurs d’asile travaillant dans le réseau de la santé d’obtenir la résidence permanente. Mais, selon M. Yoon, «il y avait plusieurs critères comme la profession spécifique» ou le nombre d’heures travaillées dans une période précise qui ont «réduit la portée» de l’initiative.

«Le processus de la demande était tellement complexe que des personnes admissibles ne pouvaient pas faire la demande dans un temps limité, a-t-il ajouté, il faut un processus simple et accessible.»

Les organismes adressent leurs demandes à Ottawa, mais aussi à Québec, comme l’immigration est une compétence partagée.

Le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration du Parlement estime qu’«entre 20 000 et 500 000 personnes» ont un statut irrégulier au pays, mais que ces calculs sont difficiles à confirmer comme il s’agit d’une population cachée.

Isolation et précarité

Être sans statut, c’est «une vie dans une extrême précarité», a déploré M. Yoon. En plus de «la peur quotidienne d’être déporté», on «n’a pas accès aux différents services publics, aux programmes d’éducation, aux prestations publiques».

Le porte-parole a aussi expliqué que les gens dans cette situation «hésitent à recourir aux autorités publiques» si elles sont victimes de crime: «la police apparaît et ces personnes se cachent elles-mêmes».

«Beaucoup de personnes dans cette situation sont déjà au travail, mais sous la table, dans des conditions misérables», a-t-il affirmé. Selon lui, une régularisation massive des statuts, «ça va amoindrir la question de la rareté de main-d’œuvre».

Il a dit comprendre la volonté de la province de préserver la pérennité de la langue française, mais a rappelé que les gens sans-papiers sont déjà en sol québécois. «Généralement, beaucoup de personnes parlent déjà un certain niveau de français, malgré le fait qu’ils n’ont pas accès aux services de francisation», a-t-il soutenu, ajoutant que l’apprentissage de la langue serait plus facile justement en ayant accès à ces services et en étant moins «isolé dans la société».

Le cabinet du ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser, et celui de la ministre provinciale de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Christine Fréchette, n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de La Presse Canadienne.

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