Des mannequins simulateurs de patients permettront une formation de pointe au CUSM

MONTRÉAL — Le nouveau-né a la peau douce, pleure parfois, a le hoquet, un pouls et son coeur bat plus ou moins vite. Mais il n’est pas vivant: il s’agit d’un mannequin simulateur de patient à la fine pointe de la technologie, l’un des nombreux développés par la firme montréalaise CAE qui vient de faire un important don à la Fondation du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), incluant de tels mannequins.

L’initiative a pour objectif d’offrir une formation de pointe en soins de santé, afin de faire une différence pour les patients.

On parle de vies sauvées, de vies protégées, de vies changées, a souligné Julie Quenneville, la présidente de la Fondation du CUSM lors de l’annonce du partenariat avec CAE, mercredi matin.

Le don de 500 000 $ comprend de l’équipement de CAE d’une valeur de 250 000 $.

Si la firme CAE est connue pour ses simulateurs de vol qui servent à la formation des pilotes, elle a aussi une division de soins de santé depuis une dizaine d’années et a notamment développé plusieurs mannequins hyper réalistes qui servent à l’enseignement, ainsi que des appareils de réalité amplifiée.

Le mannequin servant aux accouchements est saisissant de réalisme. La «mère» respire fort pendant l’accouchement, sa cage thoracique se soulève, elle a des contractions, son pouls augmente, comme ses battements cardiaques. Elle finira par donner naissance par voie vaginale à un «bébé». Tout est contrôlé par des ordinateurs qui peuvent programmer une foule de «scénarios-problèmes» qui surviendront pendant l’accouchement, comme une détresse respiratoire, forçant les médecins et infirmières à réagir en conséquence. L’ordinateur fournira ensuite un compte-rendu sur les actions posées, indiquant si d’autres gestes auraient pu être faits. Le «bébé» peut aussi être programmé afin que ses épaules soient positionnées de façon à rendre l’accouchement plus difficile.

«Si vous faites des manoeuvres de réanimation trop intenses, l’ordinateur va vous le dire», a expliqué Diana Vinas, qui travaille chez CAE.

«Rendre les soins de santé plus sécuritaires, c’est une mission très noble», a renchéri sa collègue Geneviève Clermont. «Et le côté réaliste des mannequins fait en sorte que les professionnels se sentent plus impliqués».

Les mannequins servent à poser des diagnostics, mais aussi à pratiquer diverses procédures médicales. Les professionnels peuvent installer des solutés, procéder à des manoeuvres de réanimation, des intubations sur un mannequin qui pleure et convulse, donne-t-elle en exemple.

«De le faire sur un mannequin 100 fois, 150 fois, avant qu’ils le fassent une première fois sur un patient, je n’ai même pas besoin d’expliquer le bénéfice de ça», s’est exclamée l’urgentologue pédiatrique Elene Khalil, directrice de l’éducation et codirectrice médicale des mesures d’urgence pour le CUSM. 

Et un autre avantage est que les simulateurs de patients, désormais au sein même du CUSM, permettront aux équipes de soins de se pratiquer ensemble. Avant, des infirmières pouvaient recevoir de la formation au centre de simulation de l’Université McGill, par exemple, mais sans les médecins et les autres professionnels avec lesquels elles travaillent au jour le jour. D’avoir le centre sur place permettra d’offrir plus de formation car il sera plus facile de coordonner les séances, a expliqué Dre Khalil.

«Car l’apprentissage n’arrête pas lorsqu’on reçoit notre diplôme», dit-elle.

Le centre hospitalier disposait déjà de certains mannequins dans son centre de recherche, mais ceux-ci sont les premiers qui serviront pour les soins cliniques.

CAE dit avoir vendu ses simulateurs de patients dans quelque 80 pays.