Des médecins à Toronto retirent à un bébé une tumeur de près de trois livres

Julie et Paul Devigne perdaient espoir en constatant qu’une tumeur résistante au traitement dans le ventre de leur bébé gonflait tellement qu’elle restreignait sa capacité à manger, à dormir et à respirer.

Puis, dans un exploit chirurgical, les médecins de l’Hôpital pour enfants malades de Toronto (SickKids) ont donné au petit Félix une autre chance de vivre, disent les parents de Winnipeg.

Au cours d’une procédure d’environ huit heures, une équipe interdisciplinaire de huit travailleurs de la santé a retiré la masse de 1,3 kilogramme — près de trois livres — du corps de l’enfant, défiant l’opinion de certains experts selon laquelle la tumeur était inopérable.

«Il est très difficile de mettre des mots sur la gratitude que nous avons, a déclaré Paul Devigne. (Nous voulons) donner à quiconque se trouve dans une situation similaire où il manque d’options une lueur d’espoir.»

Les Devigne ont eu leur premier enfant le 16 juillet 2020. Et mis à part les particularités d’élever un nouveau-né pendant une pandémie, ils ont dit que Félix semblait aller très bien.

Mais vers l’âge de quatre mois, Félix est devenu plus grincheux que d’habitude, a relaté Julie Devigne. Il ne dormait pas bien, et finalement, il ne voulait pas laisser ses parents l’étendre.

Elle l’a emmené aux urgences du Centre des sciences de la santé de Winnipeg pour voir s’il avait une infection des voies urinaires.

Après une batterie de tests, les médecins lui ont dit que Félix avait une tumeur à l’abdomen. Il a ensuite reçu un diagnostic de rhabdomyosarcome, un type de cancer des tissus mous qui affecte principalement les enfants.

«C’était comme si j’étais dans un film», a déclaré Julie Devigne. «Cela ne pouvait pas nous arriver.»

Félix a passé des mois à l’hôpital en chimiothérapie. Mais la tumeur a continué à se développer jusqu’à ce qu’elle remplisse la majeure partie de sa cavité abdominale, déplaçant plusieurs organes vitaux, y compris ses reins, son foie et ses intestins. La pression de la masse a également gêné ses poumons.

«Nous commencions à manquer d’options et d’espoir», a déclaré Paul Devigne. «C’était probablement la pire période de notre vie.»

Les oncologues de Winnipeg qui traitaient Félix ont commencé à contacter des établissements de santé dotés de l’expertise nécessaire pour retirer la tumeur.

Lorsque le dossier de Félix a trouvé son chemin vers le Dr Blayne Amir Sayed de l’Hôpital pour enfants malades de Toronto, le chirurgien a été surpris de voir une tumeur aussi grosse chez un si petit enfant.

«Nous ne voyons certainement pas (de tumeurs) comme celle-ci très souvent chez les enfants de l’âge de Félix, à une taille aussi énorme et à une croissance rapide», a déclaré M. Sayed, responsable chirurgical de l’hôpital pour la transplantation hépatique pédiatrique.

«Ce serait quelque chose que vous liriez dans un rapport de cas dans la littérature médicale tous les 10 à 20 ans.»

Un défi immense

M. Sayed a indiqué qu’il avait consulté des pairs à travers l’Amérique du Nord et que certains affirmaient qu’ils ne tenteraient pas une intervention chirurgicale.

Mais M. Sayed a affirmé que lui et ses collègues de SickKids — expérimentés dans les cas pédiatriques complexes — ont décidé que cela valait le coup.

Il a déclaré qu’il savait que l’équipe chirurgicale était prête à relever un tel défi.

La tumeur représentait environ 15% du poids corporel de Félix. Il fallait une précision minutieuse pour l’enlever sans endommager les organes ou les veines, a expliqué M. Sayed. Les médecins soupçonnaient également que les voies urinaires, où la tumeur est apparue, nécessiteraient une reconstruction importante.

M. Sayed a déclaré que la tumeur avait également donné lieu à un «réseau vasculaire» complexe qui signifiait qu’une mauvaise incision pouvait entraîner une perte de sang majeure.

La tumeur obstruait la veine cave de Félix, une grosse veine qui transporte le sang vers le cœur. M. Sayed a indiqué que cela avait entraîné un «embouteillage» circulatoire, le sang étant détourné à travers de petits vaisseaux de plus en plus engorgés.

De plus, la tumeur avait «parasité», ce qui signifiait qu’elle volait l’approvisionnement en sang des tissus voisins pour soutenir sa croissance rapide, a-t-il dit.

«C’était vraiment une sorte de dissection méticuleuse, a-t-il dit. Il existe des risques importants, et ceux-ci incluent la mort.»

Le matin du 4 février, les Devigne ont envoyé Félix, âgé de six mois, dans la salle d’opération, et ont essayé de ne pas penser aux pires résultats.

«C’était très difficile de lui dire au revoir, parce que nous ne savions pas ce qui allait se passer», a déclaré Julie Devigne.

Quelques heures plus tard, une infirmière a appelé pour dire que les chirurgiens avaient enlevé toute la tumeur. Les Devigne versaient des «larmes de joie».

M. Sayed a affirmé qu’il était optimiste quant au pronostic à long terme.

«Pour l’ampleur de la chirurgie qu’il a subie, il a été formidable», a déclaré M. Sayed, ajoutant que les médecins surveilleront les signes potentiels de récidive.

De retour chez lui à Winnipeg, Paul Devigne a déclaré qu’il s’adaptait à un rythme de vie plus lent après avoir passé tant de mois en «mode survie».

Julie Devigne a indiqué que Félix avait du rattrapage à faire en matière de développement, mais qu’il faisait des gains de jour en jour. Plus tôt cette semaine, il s’est roulé sur le ventre pour la première fois, et maintenant il ne s’arrêtera pas.

Les Devigne ont déclaré qu’ils avaient une dette de gratitude envers tous les agents de santé qui n’ont jamais abandonné Félix.

«Il s’agissait en fait de lui donner, espérons-le, une autre chance de vivre une belle vie», a déclaré Julie Devigne.

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